246
LE PÉROU ÉCONOMIQUE
On emploie divers procédés pour extraire le suc de
l’aloès, mais le plus souvent, on coupe la pointe des
feuilles de la plante, on la suspend sens dessus dessous
et le suc s’égoutte lentement dans des vases disposés pour
le recevoir. Ce suc est filtré et évaporé ensuite à une
chaleur douce, il devient tellement dur qu’il est facile de
le réduire en poudre. En bloc sa couleur est brun foncé,
en poudre au contraire, elle est jaune doré.
Les vertus thérapeutiques de Paloés le font considérer
comme tonique, échauffant, et fortifiant comme tous les
amers, en outre, on lui reconnaît une action purgative qui
se déclare plusieurs heures après l’absorption ; on lui
attribue aussi la faculté d’agir sur le foie et d’aider à
l’évacuation de la bile, on prétend encore qu’il engorge
les vaisseaux abdominaux et qu’il dégage les vaisseaux
céphaliques. L’aloès est ordonné comme tonique de l’esto
mac dans les cas de dyspepsie, comme purgatif, comme
antibiliaire dans les affections du foie. Employé comme
purgatif, on le prend à raison de 2 à 5 grains, soit de 10 à
30 centigrammes ; comme tonique, un demi-grain ou un
grain soit de 2 à 5 centigrammes.
Outre V aceite-maria, le sang-dragon, ïe barbasco ou
«jaquinia armillario » dont la racine broyée fait périr les in
sectes et que les Indiens utilisent pour enivrer le poisson,
fi existe encore des centaines de plantes médicinales qui
figurent dans toutes les pharmacies et un nombre égal
d’autres, dont les vertus incontestables sont appréciées
dans la Montana lorsqu’on les emploie sur l’heure et sous
l’influence de la chaleur tropicale.
VII. — Le cocayer ou cocatier est un arbuste de la taille
d’un citronnier dont le fruit est rouge, il vit uniquement
sur les pentes orientales des Andes de Bolivie et du Pérou.
Sa reproduction s’obtient en enterrant quelques graines