L'ÉCHANGE !
ascendante, avait été de 30 à 40 p- 0/0 selon les pays. Et pour
la plupart des économistes, l’explication c’était l’énorme
accroissement de la production des mines d’or. Cette produc-
tion avait, en effet, quintuplé de 1883 à 1912.
Mais la hausse des prix antérieure à la guerre a été comme
effacée par la hausse inouïe due à Ja guerre qui, selon les
pays, a varié de 150 à 1.000 p. 0/0 et au-delà. Celle-ci peut-elle
mieux nous renseigner sur la théorie quantitative ? Peut-on
l’expliquer par l’accroissement de la quantité de monnaie ?
— De la monnaie d’or ou même d'argent, certes pas ! car la
première a totalement disparu de la circulation pour s’en-
fouir dans les caves des Banques d'Etat, comme si l’or était
rentré dans ses mines, et la monnaie d'argent et de billon
sont elles-mêmes devenues rares et insuffisantes pour les
besoins. Mais, par contre, la quantité de monnaie de papier,
des billets de banque, s’est énormément accrue et comme
c’est maintenant la seule monnaie en circulation. ne pour-
rait-on trouver là une explication suflisante de la hausse des
prix ?
L'accroissement du papier-monnaie a eu certainement une
grande action sur les prix, en multipliant le pouvoir d’achat
et par conséquent la demande, mais ce n’est pourtant pas
la cause unique : d'autres causes plus puissantes encore
ont agi dans le sens de la réduction de l'offre : raréfaction
ou même destruction des stocks existants, difficulté ou même
impossibilité de les remplacer par suite du manque de main-
d'œuvre, manque de moyens de transports et par suite
hausse démesurée du fret, etc. (1).
Les variations de prix causent de grandes perturbations
(1) En France la quantité de monnaie a quadruplé depuis la guerre, car
avant la guerre la quantité en circulation pouvait être évaluée à 10 milliards
(dont 6 milliards billets en chiffre rond et 4 milliards monnaie métallique, non
compris celle dormant dans les encaisses des Banques) et aujourd’hui elle est
de 40 milliards environ (toute en billets). Or, les prix ont environ quadruplé
ainsi que le montre le nombre-indice des prix de détail. Le parallélisme des
deux mouvements est done remarquable.
JL ne s'est pas moins bien vérifié dans les pays où l'émission des billets a
pris des proportions extravagantes, comme en Allemagne ou en Russie ; là
aussi les prix ont suivi assez exactement cette ascension verticineuse.
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