226 L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
ciers, qui doivent marcher avec elles, ont tout intérêt à
reprendre l'instruction pour les anciens soldats et à activer
celle des recrues. Lies résultats obtenus permettent d’ap-
précier que l'instruction, qui dans les postes est menée
de front avec toutes les corvées, escortes, etc…, qui in-
combent aux tirailleurs, est donnée dans toute la mesure
du possible.
« L’esprit de corps, dans le sens élevé qui s’attache pour
nous à cette expression, n'existe pas chez les tirailleurs,
c’est un sentiment qu’ils ne comprendraient pas. La plu-
part servent parce qu'ils y trouvent des avantages pécu-
niaires et des facilité d'existence qu’ils ignoraient jusqu’à
leur arrivée au corps et qu’ils ne retrouvent pas quand
ils l’ont quitté. Mais à défaut d’esprit de corps proprement
dit, ils ont un certain amour-propre militaire, une certaine
ardeur pour tout ce qui touche aux choses de la guerre,
qui arrivent à en tenir lieu. Il en est cependant qui sont
véritablement dévoués, attachés à leur régiment par amour
de leur métier et par un sentiment plus élevé que celui
de leur bien-être matériel. Les désertions sont très rares.
« La police et la discipline sont très bonnes. Les fautes
ayant un caractère spécial de gravité et les plus répétées
sont l’ivrognerie et le désir de s'approprier le bien d’au-
trui qui sont sévèrement réprimées quand elles se pro-
duisent. Mais il est intéressant de constater combien la
discipline est généralement bien observée par ces hommes
et combien on obtient aisément de s’en faire obéir : le
tirailleur est, en effet, très doux, docile, attentif, et très
facile à conduire et à faire marcher. Ses plus grands défauts
sont une très mauvaise mémoire et une certaine légèreté
d’esprit. Il n’y a que très peu de fortes têtes. Bien que
vivant en famille et n'étant pas caserné, il est très ponc-
tuel à se rendre à son service et les manquements sont
très rares.
« Les sous-lieutenantsindigènes ont de la bonne volonté
mais un certain nombre sont fatigués.