— 238 —
économie de temps appréciable dans l’expédition du
courrier, économie qui permettra peut-être à la maison
qui l’a fait d'arriver, avec ses offres, dans des cas déci-
sifs, avant la concurrence, ce qui peut présenter d’é-
normes avantages, Ces deux économies doivent com-
penser : le loyer du capital engagé dans l’achat de la
machine (et qui est appréciable), et l'amortissement sur
la valeur de celle-ci (y compris la prime pour le risque
que celle-ci doive être remplacée, avant d’être usée, par
une combinaison encore plus rationalisée.) Dans ces
conditions, il est évident sans plus qu’un boutiquier qui
n’écrit que quatre ou cinq lettres par jour (les voya-
geurs de commerce ne le dispensent-ils pas d’une foule
de missives ?) accomplirait tout le contraire d’une ra-
tionalisation en immobilisant une portion précieuse de
son minime capital dans une telle acquisition.
Heureusement, grande entreprise, mesures coûteuses,
fabrication ou distribution en masse n’épuisent pas
toutes les possibilités de la rationalisation. Plusieurs
auteurs se sont préoccupés de son application aux peti-
tes entreprises et sont arrivés à des conclusions positi-
ves.! Le droit à l’existence, du point de vue de
la rationalisation, des petits détaillants, résulte déjà du
fait que ceux-ci sont, dans beaucoup de cas, infiniment
mieux placés que leurs concurrents pour assurer la
distribution des produits de la manière la plus con-
forme aux besoins de l’économie générale. Dans ce sens,
les petits magasins n’ont pas besoin d’être rationalisés,
: On trouvera entre autres la rationalisation du commerce
de détail définie et sa nécessité affirmée par le Dr Bothe, qui
occupe une place importante dans une institution vouée au
progrès de la formation commerciale (Geschäftsstelle des
Deutschen Verbandes für das kaufmännische Bildungswe-
sen). (Cf. Rudolf Seyffert, Das Kôlner Einzelhandelsinstitut,
C.-E. Poeschel Verlag, Stuttgart, 1929, p. 6.)