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La rationalisation.
« Le commerce au détail est la partie la plus impar-
» faite du mécanisme de la production et de la distribu-
» tion des produits, c’est elle dans laquelle les plus
» grands progrès sont à réaliser. Si ces progrès pou-
» vaient s'étendre au genre le plus important du com-
> merce au détail : celui des susbtances alimentaires,
> on obtiendrait des économies et, par conséquent, une
» augmentation générale de bien-être qui ne serait
> comparable qu’à celle qu’on a obtenue par l'invention
» des chemins de fer. » ‘
C’est dire que la croisade pour la meilleure rentabi-
lité, cet ensemble d’efforts récents qu’on comprend sous
le nom générique de rationalisation, ne saurait trouver
nulle part un champ d'application où sa mise en prati-
que soit plus urgente que dans le petit commerce. Cette
application se heurte toutefois à la grosse difficulté, que
les efforts des rationalisateurs ont surtout consisté jus-
jusqu'ici à faire de petites économies sur des opérations
[réquemment répétées, économies dont l’accumulation
souvent formidable compense les frais appréciables
occasionnés par la mise en œuvre. Il est même évident
qu'ils doivent faire plus que de les compenser, sinon
l'on piétinerait sur place. Pour qu’il vaille la peine, par
exemple, de posséder une machine à coller les envelop-
pes, il faut qu’on en ait à coller un si grand nombre
qu'il en résulte : 1) une économie appréciable sur le
salaire du personnel chargé de cette besogne ; 2) une
* Vilfredo Pareto, Cours d'Economie politique (Lausanne,
Rouge. 1897) tome second. p. 273.