DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE.
3:0
I Occident. Le jour vint cependant où l’empire ne se sentit plus assez fort
pour les contenir et leur résister. Du haut de leurs castels, les légionnaires
assistaient, terrifiés, à ce soulèvement du monde barbare, formidable et
inconscient comme un soulèvement terrestre; à ce déplacement de l’Asie
en Europe.
.■ ¿
: Í
-%. ^
-•
-V-
m¡ 2$
&
X ! V
m v
r:-
' ¡i i
5T
£ ’
X.
-%
c i -
CAY"
tl
lã-mi
Et après 1rs Huns ce furent les Gotlis et les Vandales.
Vainement les Romains avaient coupé et détruit les ponts qui servaient
aux relations commerciales entre les deux rives; les bandes hunniques se
jetèrent dans le Danube à la nage, le traversèrent sur des radeaux ou à
cheval. Détruisant tout sous le dur sabot de leurs troupeaux de cavalerie,
elles remontèrent le fleuve, épouvantant les Romains, qui s’enfuirent à la
vue de ces hommes au nez écrasé, aux pommettes saillantes, aux yeux
obliques, vêtus de peaux de bêtes, qui se brûlaient le menton pour empê
cher la barbe de pousser, et se nourrissaient, comme les loups, de viande
crue. Et lorsque Attila succéda à Rugilas, l’Occident resta blême d épouvante
a l’aspect de ce chef barbare qui lui apparaissait au milieu des éclipses, des
nuages de sang et des incendies, connue le roi de l’enfer, et qui s était arreté
en chemin pour épouser sa propre fille