CHAPITRE IX
LES TRANSFORMATIONS DE LA VALEUR ET DE LA
RÉPARTITION DE LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE ET
L’ÉMANCIPATION DES CLASSES RURALES EN OCCI-DENT,
DU XI® AU XIV® SIÈCLE.
L'influence du mouvement colonisateur, jointe à celle
de l’avènement et des progrès de l’économie mobilière,
détermina en effet une véritable révolution dans l’antienne
économie agraire féodale.
La hausse de la valeur de la propriété, du revenu
foncier et des produits agricoles. — Il en résulta
d’abord un notable accroissement de la valeur du sol
et du revenu foncier. Les terres défrichées acquirent
une énorme plus-value en quelques siècles, enrichissant
les propriétaires qui avaient eu l’habileté de les
mettre en culture et de s’en réserver la possession. On
a démontré, par exemple, que, dans les vallées du Rhin
st de la Moselle, cette plus-value fut en moyenne de sept
fois, souvent même de dix fois, quelquefois de seize à
vingt fois supérieure au prix atteint à la fin du haut
moyen âge. En Roussillon, tel domaine qui valait 100 sous
au X1° siècle, en valut 3.000 au xIT®, En France, le prix
de l’hectare labourable, déjà aceru au xrre siècle, doubla
au XIIT°, de même que celui des prés, des vignes et des bois.
I atteignit pour les premières 222 francs, et pour les autres
respectivement 616, 636 et 104 francs. En même temps
S’éleva le revenu foncier qui suivit la hausse des produits