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LA HONGRIE
Un membre d’une tribu fait-il des dettes qu’il ne peut payer, on l’expulse.
J l devient « infâme » ; il est défendu d’avoir aucun rapport avec lui ; il lui
est interdit de porter la couleur verte, qui est chez les Tziganes une couleur
symbolique et sacrée.
Les cérémonies qui président à la naissance et à la mort sont peu connues
et curieuses. Les Tziganes baptisent leurs enfants la nuit, avec des onguents
dont ils leur frottent le corps en les tenant au-dessus du feu.
Quand l’un des leurs est mort, — il est bien rare que cette mort soit
causée par la maladie, — ils transportent son cadavre, vêtu de ses plus beaux
habits, au fond d’une forêt, où ils l’enterrent. Et pendant qu’on recouvre le
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Campement tzigane.
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corps de terre, les parents et les amis chantent : « Descends, descends ; le
monde est grand 1 ! » En d’autres termes : « Tu n’es plus rien; disparais,
fais place aux autres ! » Les parents du mort restent souvent, en signe de
deuil, toute une année sans manger de viande.
A la mort d’un chef, la tribu éclate en lamentations et en larmes ; le
convoi se fait en musique; sur son cercueil, taillé dans le tronc d’un arbre
desséché, on tire des salves de coups de fusil et de coups de pistolet. Les
chefs sont enterrés avec leurs armes ; on arrose abondamment leur fosse de
bière, d eau-de-vie ou de vin, et l’on plante un arbuste pour en reconnaître
la place. L année suivante, on y revient ; mais c’est pour danser et faire un
festin.
Si le mort a laissé quelque argent, on en distribue une partie aux pauvres,
pour qu’ils respectent le lieu de sa sépulture; ses vêtements, la paillasse ou
les tapis sur lesquels il dormait, sont brûlés. Lorsqu’il n’en reste plus que
les cendres, un des parents y enfonce ses pieds nus, et le lendemain matin,
1 O polopcn haro tvele!