Full text : La Hongrie de l'Adriatique au Danube

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LA  HONGRIE

pas...  Allez,  mes  enfants,  partez,  et  quand  vous  aurez  fait  fortune,  vous
reviendrez  auprès  de  votre  vieux  père.
Ses  fils  l’embrassèrent  et  partirent.
Au  bout  de  douze  jours  et  de  douze  nuits,  ils  arrivèrent  au  milieu  d’une
grande  plaine  où  il  y  avait  un  grand  château,  et  dans  ce  château  il  y  avait
un  grand  roi.
Ce  roi  aimait  la  solitude;  il  s’échappait  souvent  de  sa  capitale  pour  venir
vivre  comme  un  simple  gentilhomme  de  campagne  au  milieu  de  ses  paysans
et  de  ses  chevaux  qu’il  aimait  beaucoup.
Il  possédait  les  plus  beaux  haras  de  la  Hongrie  et  de  la  Turquie.
Or,  juste  en  ce  moment,  il  était  en  grand  souci,  car  la  plupart  de  ses
chevaux  souffraient  d’un  mal  inconnu.  Et  personne  ne  parvenait  à  les
guérir.
Les  douze  fils  du  pauvre  kanasz  avaient  trouvé  au  château  du  roi  la
généreuse  hospitalité  qu’on  est  sur  de  rencontrer  dans  toute  maison  hongroise. ­
  Ils  avaient  vu  la  tristesse  du  roi  et  s’en  étaient  informés.
—  Mais  nous  connaissons  les  herbes  qni  guérissent  les  animaux  malades,
dirent-ils  aux  palefreniers  et  aux  valets  d  écurie.  Si  le  roi  voulait  nous  laisser
faire,  nous  guéririons  ses  chevaux.
Ces  paroles  furent  rapportées  au  prince,  qui  les  appela  auprès  de  lui,  et
leur  promit  à  chacun  une  forte  somme  s’ils  réussissaient.
Les  douze  frères  repartirent  aussitôt  pour  la  foret  de  Bakony,  où  ils
cueillirent  des  simples  et  des  lichens  dont  ils  avaient  fréquemment  éprouvé
la  vertu  sur  leurs  troupeaux.
Après  trois  jours  d’absence,  ils  revinrent  au  château  du  roi,  car  celui-ci
leur  avait  fait  donner  les  chevaux  restés  valides.
Le  soir  même,  ils  préparèrent  une  potion  avec  les  plantes  qu’ils  avaient
été  chercher;  et  le  lendemain,  ou  put  constater  le  bon  effet  du  remède.
Les  chevaux  qui  ne  mangeaient  plus  se  remirent  à  manger.
lit  en  mangeant  ils  reprirent  des  forces,  de  sorte  qu’au  bout  d’une
semaine  on  les  vit  de  nouveau  courir  dans  la  puszta,  galoper  et  gambader
comme  si  de  rien  n’était.
Ee  roi,  enchanté,  fit  venir  les  douze  frères,  et  leur  dit  :
—  Vous  avez  tenu  parole,  vous  avez  guéri  mes  chevaux;  à  moi  maintenant ­
  de  tenir  ma  promesse.  Aoici  douze  bourses  d’or;  et  comme  je  ne
veux  pas  que  vous  vous  en  retourniez  à  pied,  choisissez  chacun  dans  mon
haras  le  cheval  qui  vous  fera  plaisir.
Ils  choisirent  les  plus  beaux;  seul,  le  cadet  des  douze  frères  prit  un
vilain  petit  cheval,  qui  ne  semblait  pas  tout  à  fait  guéri.
            
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