DE L’ADIUATIQUE AU DAS ü BE.
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scion que l’empreinte s'est rétrécie ou élargie, on y voit un présage que
celui qui est mort sera bientôt remplacé par]un nouveau-né.
Il n’y a que la veuve, les enfants ou les frères du mort qui puissent hériter
Je ses chevaux, de sa voiture, de ses tentes, des ustensiles de cuisine, des
instruments de musique, des tabatières ou des coupes en argent qui consti
tuent la véritable fortune du Tzigane.
Jamais Bohémien ne fait de testament ou ne dicte ses dernières volontés.
Pour lui, la mort est une abdication absolue.
Il V avait une fois dans cette partie de la forêt de Bakou y un pauvre
kanasz qui avait douze fils.
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A. -V- V
? »
Le pauvre kanasz.
Ils étaient, comme leur père, porchers.
Une année, sévit un hiver dur, impitoyable, meurtrier.
Et comme à l’époque où d ordinaire les arbres bourgeonnent et les
prés verdissent, tout était encore enseveli sous la neige, il arriva que ceux
qui n’avaient pas fait des provisions suffisantes virent leurs troupeaux
périr.
Ee pauvre kanasz et ses douze fils furent de ce nombre.
— Mes enfants, leur dit leur père, il ne nous reste plus rien ; qu al
lons-nous faire? Nous avons donné à nos troupeaux notre dernière poi
gnée de blé... Partez, allez courir le monde... On dit qu’il est grand; il
y aura bien place pour vous.
— Nous vous abandonnerions, père?...
— Oh! de moi, n ayez cure... 11 me faut si peu pour vivre... Et puis j ai
encore, grâce à Dieu, bon œil et bon pied... Ma hache abat un cerf a líenle
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