Le XIX-me siècle a été le siècle des nationalités; le XX-me, le
nôtre, sera celui des minorités nationales. La question ardue des minorités
est à l'ordre du jour: le sort de quarante millions d'hommes en
dépend. Parmi les peuples les plus éprouvés, le peuple bulgare vient en
première ligne.
Ce problème angoissant avance comme un torrent impétueux qui
emporte tout surf son passage. C’est une idée-force qui entraînera le
monde dans son mouvement. Pour le petit peuple des Bulgares, c’est
une question de vie ou de mort.
De la solution juste du problème des droits des minorités nationales
dépend l'avenir de la civilisation européenne; de la façon dont ils
seront appliqués dans les Balkans, dépend la paix de l’Europe.
La S. D. N se trouve à un carrefour.- Continuera-t-elle à fermer
les yeux sur ce qui se passe dans cette péninsule? Reculera-t-elle toujours
devant son devoir impérieux de résoudre enfin ce problème épineux?
Si elle continue à esquiver son devoir, l’amas des matières
inflammables augmentera chaque jour et une conflagration générale,
devant laquelle la tourmente de 1914 n'aura été qu’une pâle anticipation,
en partira de nouveau. Une catastrophe guette la paix fragile sur ce
point, le plus vuinérable de l’Europe. Dans les Balkans sévit, dix ans
après l'armistice, latente et sournoise, la guerre civile entre les diverses
nationalités qui ont été amenées à vivre sous une et même souveraineté.
11 ne faut plus qu’on dise Balkan-volcan.
Après la ,dernière guerre“ il y règne une rage de dénationalisation
féroce, Les superpatriotes aiguisent leurs armes et se réjouissent
à l’approche de la guerre ,fraîche et joyeuse“. Les fleuves de sang qui
ont inondé les champs de bataille et les montagnes des cadavres qui les
ont couverts n’ont servi à rien, dix ans après cette boucherie.
Parmi les peuples sacrifiés par les traités de Paris de 1919, le
plus éprouvé a été le peuple bulgare, déchiré en cinq lambeaux, sans
qu’on ait eu aucun souci de droit et de justice.
Cette situation constitue, sans conteste, une menace permanente
pour la paix Ayant posé le diagnostic, il faudra, d'urgence, chercher
le. remède. Heureusement il est entre les mains de la S D, N, inscrit
dans les traités de paix.
Prétendre qu’on arrivera par la violence à résoudre le problème
des nationalités serait la plus grave erreur; user de force là où il
n’y a place que pour la douceur, était bon à une époque vieille de plusieurs
siècles.
La S. D. N se doit à son prestige et à son autorité de s’en saisir,
et de lui donner la solution que les traités de paix commandent. Quel