beau rôle, quelle belle mission que la sienne devant ce problème — le
plus grave — de notre époque !
Les peuples opprimés professent une nouvelle religion: la liberté
de conscience. Les persécuter, c'est plonger opprimés et oppresseurs
dans le cataclysme boichéviste Le sort des Bulgares, vrais parias de
l’Europe, est tragique. Leurs réclamations pour un peu de liberté et de
lumière n’ont trouvé un écho nulle part.
Les droits des minorités, inscrits dans les constitutions de presque
tous les Etats et garantis par les instruments internationaux qui ont créé
la rouvelle carte de l’Europe de 1919, doivent enfin entrer dans la vie
des peuples. Dix ans après la tourmente, ils ont apparu illusoires; il faut
en faire des réalités pour épargner au monde de nouvelles calamités,
La paix, une paix réelle, durable, voici ce que tous les peuples
désirent, ce que les hommes généreux réclament. Les lambeaux du peuple
bulgare ne demandent pas autre chose. Pour préparer son avènement,
il faut que l’opinion publique soit éclairée sur le complot ourdi par les
criminels qui opèrent dans les ténèbres. Pour les démasquer, il suffit de les
traîner au grand jour. Alors de tous les coins du monde, de toutes les
poitrines, partiront des cris de réprobation. Tout le monde se lèvera,
plein d'indignation, en leur criant: Arrêtez ! Vous ne le ferez plus!
Quand on saura la vérité sur ce qui se passe derrière le rideau
d’hypocrisie et de mensonge qui cache ce pays de douleur et de misère,
qu'est la Macédoine, quand les usurpateurs seront surpris dans leurs hautes
œuvres de bourreaux, la conscience du monde entier s’insurgera dans un
courant de sympathie en faveur de ces martyrs de leur nationalité,
La lumière jaillira sur la tragédie d’un peuple et c’est pour y contribuer
que ce petit livre a été écrit: dire la verité, c’est servir la paix.
D'une question claire et nette avant la guerre, on est arrivé à un
imbroglio inextricable enseveli sous un amas de mensonges intéressés,
noyé par une propagande destinée à tromper tout le monde. Aucun regard
indiscret ne doit se pencher sur les horreurs qui s’y perpètrent; pas une
voix ne doit s'élever pour stigmatiser le crime de lèse-humanité contre
les Bulgares asservis; une muraille de Chine doit cacher toutes les souffrances
qu’ils endurent pour conserver leur individualité nationale.
Nous sommes en mesure de révéler ce crime et de proclamer à la
face du monde la vérité, afin qu’on sache qui est le coupable. Serbes,
Grecs et Roumains crient à tue-tête qu’il n’y a pas de minorités bulgares
thez eux. C’est un mensonge qu’il faut démasquer. Ils s'opposent de
toutes leurs forces et par tous les moyens à la réalisation de leurs
obligations. Ce sont des manœuvres louches, qu’il faut dévoiler, afin de
les prendre en flagrant-délit et ouvrir la voie à la vérité en marche.
L’aubé est déjà en train de faire reculer les ténèbres; rien ne pourra
plus lui faire-rebrousser chemin: la pleine limière vient.
De la lumière, encre de la lumière, dans les Balkans et la vérité
surgira resplendissante pour nous conduire vers la paix bienfaisante, préférable
à la plus éclatante victoire.
Lausanne, Mai, 1929.
Un Bulgare minoritaire.
Bose — hate