404 OEUVRES DIVERSES.
prohibant l’exportation des monnaies métalliques; mais une légère ré
flexion nous convaincra que c’est notre choix et non la nécessité qui
nous fait l’envoyer au dehors, liest en eilet hautement avantageux
pour nous d’échanger une marchandise superflue pour des objets
qu’on peut rendre productifs.
On peut en tout temps confier sans danger l’exportation du numé
raire au libre arbitre des particuliers. Jamais cette exportation ne dé
passera celle des autres mai-chandises, si elle n’est pas profitable à la
! nation. Et si réellement eef avantage existe, il n’est pas de loi ca-
: pable de prévenir l’exportation. Heureusement que dans ce cas, com-
\ me dans la plupart de ceux où le commerce est ouvert à la libre
\ concurrence, les intérêts individuels et ceux de la communauté sont
\ constamment en barmonie.
S’il était ¡jossible d’exécuter strictement la loi dirigée contre la fu
sion et l’exportation du numéraire, à un moment où d’autres régie
ments permettraient d exporter les lingots d or, il n en résulterait au
cun bénéfice. Loin delà, on imposerait un dommage notable à ceux qui
pourraient se trouver obligés de payer deux onces et plus d’or mon
naie pour une once d’or métal. 11 y aurait là une dépréciation réelle
de notre système monétaire, qui élèverait les prix de toutes les autres
commodités dans un rapport direct avec l’accroissement de la valeur
des lingots d’or. Le détenteur de numéraire aurait alors a supporter
une perte égale à celle qui pèserait sur le propriétaire de blé, si on
promulguait une loi qui lui défendît de vendre son blé à plus de la
moitié de sa valeur sur le marché. La loi contre l’exportation du nu
méraire {coin) a réellement cette tendance. Mais il est si facile de l’é
luder que l’or-lingot a conslammimt eu une valeur à peu près égale a
celle de l’or-monnaie.
11 ressort donc de tous ces faits qu’en supposant partout des
quantités égales de métaux précieux, la circulation d’un pays ne
peut jamais avoir pendant longtemps une valeur très-supérieure a
I celle d’une autre nation; que, de plus, ces mots excès de ciiculalion,
I ne sont que des termes relatifs ; qu’enfin, la circulation de 1 Angle
( terre étant de dix millions, celle de France de cinq millions, celU
de Hollande de quatre millions, etc., etc., si ct's divei'ses circulations
’ conservaient leurs proportions relatives tout en doublant ou triplant
t d’une manière absolue, aucun des pays ne se ressentirait d une exii-
I bérance de monnaie.
Le prix des marchandises s’élèrerait partout sous l’inlluence de
cette circulation multipliée, mais nuUe part ou u’exporterait du nu-