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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
inséparables de toute tentative de créer un produit
nouveau ou de perfectionner un produit connu... Le
chef d'une grande manufacture, au contraire, disposant
ordinairement d’un capital considérable et tenant tous
ses ouvriers réunis sous sa main, peut tenter inpuné-
ment le hasard des essais et des spéculations. Il peut
chercher des méthodes plus promptes et meilleures pour
l'exécution des procédés connus. Il peut créer des pro
duits nouveaux et perfectionner les anciens produits » (i).
Si l’artisan possédait même toutes les qualités dues
à la différenciation des fonctions, il ne pourrait en
faire usage à cause du manque de capital. Les machi
nes occasionnent des frais importants, il faut les re
nouveler, etc. La réclame coûte aussi très cher. La
Royal Baking Powder C° dépense plus de 3 millions
de francs par an pour la publicité (2). « Le temps n’est
plus, dit Du Maroussem de l’industrie du jouet, où les
200.000 francs de bénéfices, jetée eu réclames, exci
taient la jalousie de tous les rivaux » (3) ; on dépense
aujourd’hui beaucoup plus.
La concentration locale des besoins agit aussi en
défaveur du métier. Les grandes agglomérations d’hom
mes qui se sont formées dans les villes au cours de
la seconde moitié du XIX e siècle, les armées, les grands
établissements publics et communaux (prisons, hôpi
taux, écoles professionnelles, etc.), les vastes entre-
(II Cité par Babbàge : Science économique des manufactures,!, c. p.
167 ss.
(2) G. De Leener : La réclame, 1. c. p. 20.
(3) P. Dp Maroussem : Le jouet parisien, 1. c. p. 132.