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tiers ont un caractère d’urgence d’autant plus grand
que la plus forte partie des denrées coloniales par
venant en Allemagne et en Autriche passe par des
mains étrangères. Mais il ne peut s’agir toutefois de
copier en retardataires mal inspirés Y act of ?iavi-
gatioji delà grande Bretagne ou le système des droits
différentiels de la France ; ce serait en eilet commet
tre un anachronisme, que condamne le rang suffi
samment élevé qu’a su atteindre, sans recourir à la
protection, la navigation allemande au milieu même
des circonstances les plus défavorables.
Tel quel, le plan conçu par l’Autriche, et qui au
rait solidarisé tant d’intérêts et de destinées, ne
manquait assurément pas de grandeur, et dut même
éveiller partout l’étonnement, tant il tranchait sur
les errements suivis auparavant par l’Fmpire. Des
considérations purement économiques ne suffiraient "
pasa expliquer cette combinaison, dont la clef se
trouve dans la personnalité de ses auteurs, le prince
de Schvsarzenberg et le baron de Bruck, et surtout
dans des visées d’un caractère politique.
Les événements de 1848 et de 1849 ainsi que
l’essai d’un Empire d’Allemagne restreint avaient
enfin ouvert les yeux aux hommes d’État d’Autri
che, qui pouvaient à présent juger du chemin
qu’avait fait la Prusse à la tête du Zollverein, et qui,
après avoir vu la politique des intérêts matériels
l’emporter de beaucoup sur la politique dynastique,
durent naturellement songer à demander à une im-