Full text: L' Allemagne économique ou histoire du Zollverein Allemand

346 l’allemagnk économique. 
reille union faisaient encore manifestement di^faut. 
Durant le temps qui s'ôtait écoulé depuis, il n’avait 
été fait que peu pour combler les lacunes existantes, 
et la diversion opérée par la Prusse, loin de favori 
ser le rapprochement, creusait au contraire l’abîme 
entre les deux territoires douaniers, au point d’en 
lever à la fusion projetée ses dernières chances. La 
Prusse était-elle donc en droit d’agir de façon à dé 
truire les espérances données en 1853 ? Pour répon 
dre à cette question, il faut en revenir toujours au 
traité du 19 février, qui n’autorise pas plus à la 
résoudre négativement, qu’il n’est peut-être permis 
d’inférer l’aftirmative de l’argument prussien, con 
sistant à dire que le Zollverein ne pouvait pas, par 
ce traité, avoir renoncé au développement et a la 
transformation, en toute indépendance, de son sys 
tème douanier. En effet, si le pi éambule du traité 
de février lui attribuait comme fondement le désir 
des contractants d’arriver h une union parfaite, si 
déplus, d’après ses stipulations, les négociations en 
vue de ce résultat devaient être abordées eu 1860, 
il n’y avait tout de même guère là, pour nous servir 
du vocabulaire technique des docteurs, qu’une sti- 
pidatin de contrahendo^ qui ne pouvait pas encore 
conférer un droit à la prestation elle-même. Néan 
moins, on ne saurait refuser à ces dispositions toute 
valeur juridique, et les adversaires du traité franco- 
prussien, tels que notamment la Bavière, ne se tirent 
pas faute, non plus, dans une rencontre postérieure.
	        
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