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inutiles et pernicieuses, empêchant la communica
tion libre et naturelle entre les différents pays. Nous
pensons avec de bons esprits (Ij que le droit protec
teur pour certaines industries peut être comparé
aux sacrifices de différentes natures que Ton fait
pour des terrains nouvellement défrichés afin de
les rendre féconds, de stériles qu’ils seraient restés
sans une dépense anormale en engrais et en labour.
Il ne nous coûte même pas trop encore d’admettre
que, dans certains cas, les droits protecteurs peuvent
être considérés comme une honorable subvention
de l’État en faveur de la classe laborieuse, qui ne
pourrait être occupée sans elle ; parce que mieux
vaut en tout cas cet impôt qui ne revient qu’au tra
vailleur qui l’a gagné que la hideuse taxe des pau
vres, que nos voisins d’Angleterre sont obligés de
s’imposer, ne disposant pas, malgré leurs ressources
immenses, d’assez de travail pour en fournir à tous
ceux qui en réclament. Mais les partisans du libre-
échange nous paraissent au contraire reprendre le
dessus et devenir irrésistibles, lorsqu’ils sont à
même de prouver qu’aucun des motifs susénoncés,
([ui expliquent et justifient jusqu’à uncertain point
la protection, ne peut être invoqué ; que par exem
ple l’industrie qui doit en bénéficier ne promet pas
de devenir, par elle, assez forte et assez vivace pour
(1) Voir notamment Michel Alcan, dans son tlisai sur les ma~
tiéres textiles, 18i7, pages 731 et suivantes.