ATTRIBUTIONS SPÉCIALES. 53
Le 21 novembre 1856, le Ministre du Commerce eut
occasion de rappeler les mêmes dispositions restrictives,
dans les termes suivants :
« Une semblable publicité donnée à la correspondance
d’une Chambre de Commerce avec mon Département,
est contraire à l’esprit de l’institution et à l’instruction
du 31 mars 1806. Les Chambres sont des
Corps consultatifs chargés de donner au Gouvernement
leur avis sur les besoins du commerce et de l’industrie,
en ce qui concerne leur circonscription. Leurs attributions,
à cet égard, ne sauraient dépasser cette limite.
Lorsque la nature des questions soumises au Gouvernement
peut exiger le concours de plusieurs ou de la
totalité de ces conseils, c’est à lui d’apprécier s’il est
utile et opportun de les consulter. Mais, dans aucun
cas, les Chambres ne sauraient d’elles-mêmes et d’une
manière directe ou indirecte, provoquer une enquête
de ce genre et je crois devoir vous rappeler, à cette
occasion, ainsi qu’un de mes prédécesseurs le recommandait
le 25 octobre 1852, que leurs rapports avec
mon Ministère doivent conserver un caractère particulier
d’intimité, de confiance et de discrétion. »
Le 22 avril 1862, le Gouvernement renouvela les
mêmes observations.
A partir de cette époque, qui coïncide avec la période
de création des Syndicats, la situation changea;
sollicitées par le commerce, les Chambres se départirent
peu à peu de la discrétion qui leur était imposée.