EN ASIE. — PROGRÈS DES ANGLAIS^ . 67
Dniester ; elle ne s’avancera pas beaucoup plus loin vers les
Balkans. Mais il est impossible alors de prévoir que cette
expansion de l’Autriche et de la Russie dans la direction de
Constantinople est déjà bornée ; l’une et l’autre se persua
dent encore qu’elles auront bientôt à se disputer, ou à se
partager l’empire ottoman, riche proie pour leurs compé
titions rivales.
En Asie, les modifications territoriales seront autrement
importantes ; l’étau dont les États européens enserrent
l’Islam n’est pas près de se fermer de ce côté. Les Russes
n’occupent encore que la grande plaine sibérienne ; il est
vrai qu’ils sont restés, depuis la domination des Mongols,
en contact ininterrompu avec l’Islam, de la Volga au Tur
kestan. Les Anglais n’occupent encore que la côte des
Circars, enlevée à la France, et le Bengale ; ils sont déjà
entrés en conflit avec le Grand Mongol de Delhi, et sa fai
blesse leur promet d’autres profits.
La France pourtant n’a pas consenti à leur laisser la
paisible possession de cet empire. Elles les y inquiétera
longtemps, plus ou moins directement. Elle n’a pas con
senti davantage à se désintéresser des affaires ottomanes et
de ses privilèges anciens dans le Levant. Et ainsi la ques
tion d’Orient, dans toute sa complexité, sur tout l’immense
théâtre où elle s’agite, est devenue une question tout
entière européenne.
OUVRAGES A CONSULTER.
Les ouvrages déjà cités au chapitre premier, notamment E.
Bourgeois.
Saint-Priest, Mémoires sur l’ambassade de France en
Turquie (publication de l’Ecole des langues orientales).
Vandal, Le pacha Bonneval ; — Une ambassade française
en Orient : la mission de Villeneuve;— Louis XV et
Elisabeth de Russie.
Sorel, La question d’Orient au xviii' siècle ; — Essais
d’histoire et de critique ; — L’Europe et la Révolution
française, tome I.
L. PiNGAUD, Choiseul-Gouffier.
K. Waliszevvski, Le roman d’une impératrice (Catherine II);
— Autour d'un trône.
Colonel Malleson, Les Français et les Anglais dans l’Inde