52 PRINCIPES DE L’ECONOMIE POLITIQUE.
tité comparative de travail nécessaire à leur production, peut être
modifiée par ¡’appropriation des terrains et le paiement d’une rente.
Il entre dans la composition de presque toutes les marchandises une
certaine source de produits agricoles, dont la valeur, aussi bien'que
celle du blé, est réglée par la faculté productive de la dernière por
tion de capital engagée dans la terre, de celle qui ne paie pas de rente.
La rente n’est donc point un élément du prix des denrées
Nous avons jusqu’ici étudié les effets du progrès naturel de la ri
chesse et de la population sur la rente dans un pays dont les terres
ont différents degrés de force productive, et nous avons vu qu à
chaque portion additionnelle de capital qu’on est obligé d’employer
à la culture, et dont le produit est moins profitable, la rente hausse
Il résulte des mêmes principes que si, par quelques modifications
dans l’état social, il devenait inutile d’employer autant de capital a
‘ Entendons-nous. Si l’auteur veut dire que le profit foncier, le revenu du
propriétaire, ne fait pas partie de ce (|ue|Smith appelle Xtprix naturel des cho
ses, c’est-à-dire du montant des frais nécessaires de leur production, il peut
avoir raison (sauf la restriction contenue en la note précédente).
Si l’auteur veut dire que le revenu du propriétaire ne fait pas partie du
prix courant des choses, de ce prix auquel le balancement de la quantité deman
dée avec la quantité offerte porte les choses, il me semble être dans 1 erreur.
La faculté productive du sol, du moment qu elle est de\enue une propriété,
me semble être du même genre que la faculté productive du travail, qui est la
propriété du travailleur. Les facultés de l’homme elles-mêmes, sa force mus
culaire, et même sa force d’intelligence, ne sont-elles pas un don gratuit de la
nature, comme les facultés du sol ?
Que si IM. Ricardo prétendait que la demande des produits territoriaux ne
va jamais au delà des facultés productives du sol, c’est-à-dire au delà des pro
duits que peuvent fournir toutes les terres, les mauvaises comme les bonnes, je
répondrais que je n’en vois pas la raison ; que les circonstances du pays peuvent
être telles que les produits du sol, nécessairement bornés, soient toujours a un
pr/x monopole qui assure au propriétaire des plus mauvaises terres un prolit
foncier ; que les capitaux ne peuvent pas être attirés vers ces produits, et les mul
tiplier au delà des bornes (pie leur opposent l’étendue du pays et la fertilité de
son sol,et(¡u’en supposant même que l’on regardât le commerce étranger comme
un supplément suffisant à la production du pays, il’resterait toujours a payer le
profit foncier du propriétaire étranger (qui n’est pas plus disposé (jue le proprié
taire indigène à céder pour rien le concours de ses terres), sans parler des frais
et des risques du commerce étranger. Enfin, l’expérience nous apprend (|ue dans
les pays populeux et productifs, les plus mauvaises terres, du moment qu’elles
sont cultivées, rapportent toujours quelque fermage, et par conséquent quelque
revenu foncier. — J B S.w.