Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  IV.  —  DU  PRIX  NATUREL  ET  DU  PRIX  COURANT.

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CHAPITRE  IV.

DU  PRIX  NATUREL  ET  DU  PRIX  COURANT.

Nous  avons  regardé  le  travail  comme  le  fondement  de  la  valeur  des
choses,  et  la  quantité  de  travail  nécessaire  à  leur  production,  comme
la  règle  qui  détermine  les  quantités  respectives  des  marchandises
qu’on  doit  donner  en  échange  pour  d’autres  ;  mais  nous  n’avons  pas
prétendu  nier  qu’il  n’y  eût  dans  le  prix  courant  des  marchandises
quelque  déviation  accidentelle  et  passagère  de  ce  prix  primitif  et
naturel.
Dans  le  cours  ordinaire  des  événements,  il  n’y  a  pas  de  denrées
dont  l’approvisionnement  continue  pendant  un  certain  temps  à  être
précisément  aussi  ahondant  que  l’exigeraient  les  besoins  et  les  dé-Hi’s
  des  hommes,  et  par  conséquent  il  n’y  en  a  pas  qui  n’éprouvent
des  variations  de  prix  accidentelles  et  momentanées.
Ce  n’est  qu’en  raison  de  pareilles  variations  que  des  capitaux  sont
consacrés  précisément  dans  la  proportion  requise,  et  non  au  delà,  à
la  production  des  diiTérentes  marchandises  pour  lesquelles  il  y  a  demande. ­
  l’ar  la  hausse  ou  la  baisse  du  prix,  les  prolits  s’élèvent  audessous
  de  leur  niveau  général,  et  par  la  les  capitaux  se  rapprochent
ou  s’éloignent  des  industries  qui  viennent  d’éprouver  l’une  ou  l’autre
de  ces  variations.
Chacun  étant  libre  d’employer  son  capital  comme  il  lui  plait,  il
est  naturel  qu’il  cherche  à  le  placer  de  la  manière  la  plus  avautageuse;
  il  ne  se  contentera  pas  d’un  prolit  de  10  pour  cent,  si,  par
un  autre  emploi,  il  peut  en  tirer  15  pour  cent.  Ce  désir  inquiet,  qu’a
tout  capitaliste,  d’ahandonner  un  placement  moins  lucratif  pour  un
autre  qui  le  soit  davantage,  tend  singulièrement  à  établir  l  égalité
dans  le  taux  de  tous  les  profits,  ou  à  en  fixer  les  proportions  de
telle  sorte  que  les  individus  intéressés  puissent  estimer  et  compenser
entre  elles  tout  avantage  que  l’un  aurait  ou  paraîtrait  avoir  sur  l’autre. ­
  11  est  peut-être  assez  difficile  de  retracer  la  marche  par  laquelle  ce
c  rangement  s’est  opéré  ;  cela  tient  probablement  à  ce  qu’un  manuacturier
  ne  change  pas  absolument  l’emploi  de  son  capital,  et  sc
            
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