Full text : Oeuvres complètes

CH.  XVU.  —  DES  IMPOTS  SUR  LES  PRODUITS  NON  AGRICOLES.  231
sés  à  affermer  des  biens  fonds  ;  s’il  tombait  sur  les  propriétaires,  il
y  aurait  bien  des  fermes  qui  ne  seraient  points  louées,  car  elles  ne
rapporteraient  pas  de  fermage.  Mais  sur  quels  fonds  ceux  qui  produisent ­
  du  blé  sans  payer  de  fermage,  prendraient-ils  de  quoi  payer
l’impôt?  Tl  est  évident  que  l’impôt  doit  tomber  sur  le  consommateur.
Comment  une  telle  terre  pourrait-elle  payer  un  impôt  égal  à  la  moitié ­
  ou  aux  trois  quarts  de  sa  production,  ainsi  que  M.  Say  l’énonce
dans  le  passage  suivant  ?
«  On  voit  en  Écosse  de  mauvais  terrains  ainsi  cultivés  par  leurs
«  propriétaires,  et  qui  ne  pourraient  l’ètre  par  aucun  autre.  C’est
«  ainsi  encore  que  nous  voyons  dans  les  provinces  reculées  des  États->'
  Unis  des  terres  vastes  et  fertiles  dont  le  revenu  tout  seul  ne  suffit
"  pas  pour  nourrir  leur  propriétaire  :  elles  sont  cultivées  néan-»
  moins  ;  mais  il  faut  que  le  propriétaire  les  cultive  lui-même,  c’est-»
  à-dire,  qu’il  porte  le  consommateur  à  l’endroit  du  produit,  et  qu’il
»  ajoute  au  profit  de  son  fonds,  qui  est  peu  de  chose  ou  rien,  les
»  profits  de  ses  capitaux  et  de  son  industrie,  qui  le  font  vivre  dans
’>  l’aisance.
»  On  connaît  que  la  terre,  quoique  cultivée,  ne  donne  aucun  pro-«
  fit,  lorsqu’aucun  fermier  ne  veut  payer  de  fermage;  c’est  une
"  preuve  qu’elle  ne  permet  de  retirer  que  les  profits  du  capital  et  de
»  l’industrie  nécessaires  à  sa  culture.  »  Say,  liv.  Il,  cbap.  9,  3*  éd.

dépopulation.  Le  défaut  de  population  excède  souvent  même,  par  des  causes  que
découvre  l’économie  politique,  mais  qui  ne  peuvent  être  développées  ici,  le  défaut
de  production  des  aliments.  C’est  ainsi  que  la  dépopulation  de  l’Égypte  a  excédé
le  déclin  de  son  agriculture.  Il  ne  faut  donc  pas  être  surpris  si  des  terres  qu’on
laisse  en  friche  ne  font  pas  monter  le  prix  du  blé.  —  l.-R.  Say.
            
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