Full text: Oeuvres complètes

>riv nuNcii'ES de l’économie dolitiode. 
explication (lifîércnte, en disant « qu’nn homme doit être riche ou 
» pauvre, selon qu’il peut disposer de plus ou moins de travail. » 
Cette manière de voir est essentiellement différente de la première, et 
est certainement inexacte; car, supposons que les mines fussent de 
venues plus productives, en sorte que l’or et l’argent eussent baissé 
de valeur, par la plus grande facilité de leur production ; ou que 
le velours étant fabrhpié avec beaucoup moins de travail qu’aupa- 
ravant,. la valeur en tombât de moitié; la richesse de tous les con 
sommateurs de ces articles se trouverait augmentée. Un particulier 
pourrait, dans ce cas, augmenter la quantité de sa vaisselle; nn 
autre pourrait acheter une quantité double de velours ; mais, quoi 
que possesseurs de cette quantité additionnelle de vaisselle et de 
velours, ils ne pourraient pas employer plus d’ouvriers que par 
le passé; car la valeur échangeable du velours et de la vaisselle 
ayant baissé, ils seraient obligés de sacriiîer une plus grande por 
tion de cette sorte de richesse au paiement de la journée de l’ouvrier. 
Ua richesse ne saurait donc être estimée ])ar la quantité de travail 
qu’elle peut payer. 
De tout ce (ju’on vient de dire, il résulte que la richesse d’un ])ays 
peut s’accroître de deux manières : par l’emploi d’une portion plus 
considérable de revenu consacré à l’entretien des travailleurs, —ce 
qui non-seulement augmentera la quantité, mais encore la valeur de 
la masse des produits’ : ou encore, par l’augmentation des forces 
productives du même travail, —ce qui ajoutera à l’abondance, mais 
n’augmentera point la valeur des produits. 
Dans le premier cas, non-seulement un pays deviendra riche, 
mais encore la valeur de ses richesses s’accroîtra. Il s’enrichira 
par l’économie, en réduisiuit ses dépenses en objets de luxe et d’a 
grément, et en employant le fruit de ses épargnes à la reproduction. 
Dans le second cas, il se peut (pi’il n’y ait ni réduction dans les 
dépenses de luxe et d’agrément, ni augmentation de travail pro 
ductif employé; mais avec la même quantité de travail, les pro 
duits seront plus considérables : la richesse s’accroîtra, niais non la 
valeur *. 
Cette doclriue est fort importante; elle est rigoureusement conforme à la na 
ture des choses, et par conséquent inébranlable, et elle explique des diflicultés où 
l’on s’est perdu Jusqu’à présent. — Say. 
‘ Les deux hypothèses de M. Ricardo me semblent se réduire à ceci ; 
l.es richesses d’un pays s’augmentent de deux façons ; soit lorsque les fonds
	        
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