Full text : Oeuvres complètes

280

PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
Si  j’ai  cependant  réussi  à  faire  voir  que  le  surhaussement  des  salaires ­
  en  argent  ne  fait  pas  monter  le  prix  des  produits,  mais  qu’un
tel  surhaussement  affecte  toujours  les  profits,  il  doit  s’ensuivre  que  le
prix  des  produits  ne  montera  pas  par  l’effet  de  la  prime.
Mais  une  hausse  temporaire  dans  le  prix  du  blé,  oceasionnée  par
une  plus  forte  demande  de  l’étranger,  ne  produirait  aucun  effet  sur  le
prix  en  argent  des  salaires.  Le  renchérissement  du  blé  est  causé  par
une  concurrence  de  demande  pour  cet  article,  dont  l’approvisionnement ­
  était  auparavant  exclusivement  destiné  au  marché  national.  Par
l’effet  de  la  hausse  des  profits,  il  y  a  plus  de  capitaux  employés  dans
l’agriculture,  et  l’on  obtient  par  là  un  surcroît  d’approvisionnement;
mais  tant  qu’il  n’est  pas  obtenu,  le  haut  prix  en  est  absolument  nécessaire ­
  pour  régler  la  consommation  sur  l’approvisionnement,  ce  que  la
hausse  des  salaires  empêcherait.  Le  renchérissement  du  blé  est  la  suite
de  sa  rareté,  et  c’est  c«  qui  en  fait  diminuer  la  demande  par  les  acheteurs ­
  nationaux.  Si  les  salaires  montaient,  la  concurrence  augmenterait, ­
  et  un  nouveau  surhaussement  du  prix  du  blé  deviendrait  nécessaire. ­

Dans  cet  exposé  des  effets  produits  par  les  primes  d’exportation,
nous  n’avons  point  supposé  d’événement  qui  fit  hausser  le  prix  naturel ­
  du  blé,  lequel  prix  règle,  en  dernière  analyse,  son  prix  courant;
car  nous  n’avons  point  supposé  qu’il  fallût  un  surcroît  de  travail
pour  forcer  la  terre  à  donner  une  quantité  déterminée  de  produits,
et  il  n’y  a  que  cela  qui  puisse  faire  monter  le  prix  naturel.  Si  le  prix
naturel  du  drap  était  de  20  sh.  par  verge,  une  grande  augmentation
de  demandes  du  dehors  pourrait  en  faire  monter  le  prix  à  25  sh.,  ou
au  delà;  mais  les  profits  que  ferait  alors  le  fabricant  de  drap  ne  manqueraient ­
  pas  d’attirer  les  capitaux  vers  cette  fabrication;  et  quoiqu’elle ­
  pût  doubler,  tripler  ou  quadrupler,  elle  finirait  par  être  satisfaite; ­
  et  le  drap  baisserait  de  nouveau  à  son  prix  naturel  de  20  sh.  11
en  arriverait  autant  pour  ce  qui  concerne  l’approvisionnement  du
blé.  Quoique  nous  en  exportions  deux,  trois  ou  huit  cent  mille  quarters ­
  par  an,  il  finirait  par  être  produit  à  son  prix  naturel,  lequel  ne
varie  jamais,  à  moifis  qu’une  différente  quantité  de  travail  ne  devienne
nécessaire  à  la  production.
Il  n’y  a  peut-être  pas,  dans  tout  l’ouvrage  si  justement  célèbre
d’Adam  Smith,  de  conclusions  plus  susceptibles  d’être  contestées  que
celles  qu’on  lit  dans  le  chapitre  des  primes  d’exportation.  Il  parle
d’abord  du  blé  comme  d’une  denrée  dont  la  production  ne  saurait
s’accroître  par  l’effet  d’une  prime  d’exportation  ;  il  suppose  in  varia-
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.