Full text : Oeuvres complètes

“278

I*RiNCIFES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.

CHAPITRE  XXII.

DES  PRIMES  A  L’EXPORTATION  ,  ET  DES  PROHIBITIONS  A  L  IMPORTATION.

Une  prime  accordée  à  Texportation  du  blé  tend  à  en  abaisser  le
prix  pour  le  consommateur  étranger,  mais  n'a  point  d’effet  permanent ­
  sur  son  prix  dans  les  marchés  de  l’intérieur.
Supposons  que,  pour  retirer  des  capitaux  les  profits  ordinaires,  il
soit  nécessaire  que  le  blé  se  vende  en  Angleterre  4  1.  st.  le  quarter;
dans  ce  cas,  il  ne  pourrait  être  exporté  dans  les  pays  étrangers  où
il  ne  se  vendrait  que  3  1.  15  sh.  Mais  si  l’on  donnait  10  sh.  par
quarter  de  prime  d’exportation,  on  pourrait  le  vendre,  dans  le
marché  étranger,  3  1.10  sh.,  et  par  conséquent  il  en  résulterait  le
même  profit  pour  le  cultivateur  de  blé,  soit  qu’il  le  vendit  3  1.  10  sh.
dans  le  marché  étranger,  ou  4  1.  dans  le  pays  même.
Une  prime  qui  ferait  donc  baisser  le  prix  du  blé  anglais,  dans  un  pays
étranger,  au-dessous  de  ce  qu’y  coûte  la  production  du  blé,  aurait  naturellement ­
  pour  effet  d’augmenter  la  demande  de  blé  anglais,  en  diminuant ­
  celle  des  blés  du  pays.  Ce  surcroît  de  demande  de  blé  anglais  ne
saurait  manquer  d’en  faire  hausser  le  prix  en  Angleterre,  et  de  l’empêcher ­
  de  baisser,  sur  le  marché  étranger,  jusqu’au  taux  où  la  prime  tend
à  le  faire  descendre.  Mais  les  causes  qui  pourraient  agir  de  la  sorte  sur
le  prix  courant  du  blé  en  Angleterre,  n’auraientpas  le  moindre  effet  sur
son  prix  naturel,  ou  sur  les  frais  réels  de  production.  Pour  récolter  du
blé,  il  n’y  aurait  besoin  ni  de  plus  de  bras  ni  de  plus  de  fonds,  et  par
conséquent,  si  les  profits  du  capital  du  fermier  n’étaient  aujiaravant
qu’en  égalité  avec  ceux  des  capitaux  des  autres  commerçants,  après
la  hausse  des  prix  ils  les  surpasseraient  considérablement.  En  grossissant ­
  les  profits  du  fermier,  la  prime  agira  comme  un  encouragement
à  l’agriculture,  et  le  capital  employé  en  manufactures  eu  sera  retiré
pour  être  employé  sur  les  terres  jusqu’à  ce  qu’on  ait  fait  face  à  l’accroissement ­
  des  demandes  extérieures.  Quand  cela  sera  arrivé,  le  prix
du  blé  tombera  de  nouveau,  dans  le  marché  de  l’intérieur,  à  son  prix
            
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