292 PRINCIPES RE L’ÉCONOMIE POLlTigüE.
Les mauufacturiers eux-mèines, eu leur qualité de eousoumiateurs,
auraieut payé ees produits plus cher, et par couséqueut il n’est pas
exact de dire que « le surhaussemeut de prix occasionné, par les régle-
« meuts des maîtrises et par de forts droits sur l’importation des
» produits étrangers, est partout, et eu dernier résultat, payé par
« les propriétaires, les fermiers et les ouvriers du pays. »
il est d’autant plus nécessaire d’insister sur ce point, que les pro
priétaires fonciers allèguent à présent l’autorité d’Adam Smitii pour
prouver qu’il faut mettre de pareils et de forts droits sur l’introduc
tion des blés étrangers. C’est ainsi que les frais de production, et,
par couséqueut, le prix de plusieurs objets mauulacturés, ayant
augmenté pour les consommateurs par suite d’une laute de légis
lation, on a, sous prétexte de justice, exigé de la nation qu’elle coii-
seutit à endurer de nouvelles extorsions. Parce que nous papous
tous plus cher le linge, la mousseline et les tissus de coton, ou croit
qu’il est juste que nous payions le blé également plus cher.
Parce que, dans la distribution générale du travail sur notre globe,
nous avons empêché que le travail, chez nous, fournît la plus grande
quantité possible de produits manufacturés, ou voudrait nous eu
punir encore eu diminuant les facultés productives du travail em
ployé à la création des fruits de la terre, il serait bien plus sage d’a
vouer les fautes qu’un faux calcul nous a lait commettre, eu com
mençant dès ce moment à revenir graduellement aux principes
salutaires d’un commerce libre entre tous les peuples'.
« J’ai déjà eu occasion, observe M. Say, de remarquer, eu parlant
« de ce qu ou nomme improprement balance du conimevce, que s il
» convient mieux, au négociant du pays, d envoyer des métaux pré-
« cieux à l’étranger, plutôt que toute autre marchandise, il est aussi
•> de l’intérêt de l'Ltat que ce négociant eu cm oie ; car l’Ktat ne gagne
" et ne perd que par le canal de ses citoyens j et, par rappoit à
' Il subirait de la liberté du commerce pour protéger un pays comme la
Grande Bretagne, abondamment pour\u des différents produits de l’industrie
humaine, des marchandises propres à satisfaire les besoins de toute société, con
tre le retour de la disette. Les nations de la terre ne sont pas tatalement condam
nées à tirer constamment au sort celle qui, parmi toutes, devra s’éteindre dans la
famine. A prendre le globe dans son ensemble, les subsistances y abondent tou
jours ; et pour jouir à jamais d’un riche approvisionnement, nous n’a\ons qu’à
renoncer à nos prohibitions, à nos restrictions, et a cesser de lutter contre les vues
bienfaisantes de la Providence. ( Article sur la législation et le commerce des
céréales. Supplément à l’Encyclopédie britannique.)