Full text : Oeuvres complètes

330  PHINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
et  où  sa  réserve  eût  été  double  du  moulant  actuel.  —  Il  est  même
probable  (¡ue,  si  elle  avait  coiilimié  à  payer  à  bureaux  ouverts  et  en
espèces,  elle  aurait  tué  la  panique  avant  d’arriver  à  l’épuisement  de
sa  réserve  *.

•  Nous  ne  saurions  donner  de  ce  curieux  et  grave  épisode  financier  un  historique ­
  plus  net  et  plus  complet,  que  celui  dont  IM.  IM.  Cul  loch  a  enrichi  son
édition  d’Ad.  Smith,  et  dont  nous  puisons  la  traduction  dans  la  belle  édition
française  de  IM.  Blanqui.  On  sent  que  ce  morceau  a  été  écrit  sur  la  brèche,  au
spectacle  des  banques  américaines  qui  s’écroulaient  par  centaines,  des  banques
provinciales  qui  chancelaient  avant  de  tomber  ,  et  d  un  système  de  crédit  qui
menaçait  de  couvrir  de  ruines  le  sol  de  l’Angleterre,  déjà  tra\aillé  par  la  crise  industrielle, ­
  la  disette  et  les  soulèvements  politiques.  Ou  pourra  reconnaître,  dans
les  lignes  qui  vont  suivre,  combien  les  événements  portent  secours  aux  saines
théories,  on  y  pourra  voir  les  mêmes  principes,  les  memes  vérités,  écrites  a\ec  des
catastrophes  et  des  faillites  par  la  main  du  temps,  et  avec  des  mots  et  des  phrases
par  tes  penseurs  :  car  la  logique  de  l’esprit  humain  n’est  si  grande  que  parce
qu’elle  pressent  et  devance  la  logique  des  faits  ;  —
«  La  crise  la  plus  importante  dans  l’histoire  de  la  circulation  du  papier  de  la
Orande-Bretagne  eut  lieu  en  1797.  En  partie  par  suite  des  événements  résultant
de  la  guerre  où  nous  étions  alors  engagés,  des  prêts  à  l’empereur  d’Allemagne,
des  traites  faites  sur  le  trésor  par  les  agents  anglais  au  dehors,  et,  en  partie,  et
principalement  peut-être,  par  suite  des  larges  avances  accordées  au  gouvernement ­
  par  la  banque  d’Angleterri^l^jdiange  devint  onéreux  en  1795,  et,  cette
année,  ainsi  que  les  années  suivantes,  il  fut  demandé  à  la  banque  des  quantités
énormes  en  espèces.  11  n’est  pas  douteux  cependant  que  la  dernière  crise  ne  fût
entièrement  due  à  des  causes  politiques.  Des  bruits  d’invasion,  et  même  de  descentes ­
  qui  auraient  eu  lieu  survies  cotes,  acquirent  une  certaine  gravité  pendant
la  fin  de  l’année  l79Get  le  commencement  de  1797.  Cette  alarme  provoqua  chez
beaucoup  de  particuliers,  mais  surtout  chez  les  petits  fermiers  et  les  marchands
en  détail,  un  vif  désir  de  convertir  la  plus  grande  partie  possible  de  leur  fortune
en  especes.  Une  foule  redoutable  se  précipita  sur  la  plupart  des  banques  de  province; ­
  et  la  baiujueroute  de  (juelques-uns  de  ces  établissements  à  Newcastle,  ainsi
qu’en  d’autres  parties  du  royaume,  imprima  une  force  nouvelle  à  la  première  panique. ­
  La  banque  d’Angleterre  fut  assaillie  de  tous  les  points  du  territoire  par  des
demandes  d’argent,  et  le  fonds  d’espèces  et  de  lingots  renfermés  dans  ses  coffres,
qui  s’était  élevé  en  mars  1795  à  7,940,000  livres,  se  trouvait  réduit,  le  samedi  25
février  1797,  à  1,272,000  livres,  avec  la  perspective  d’une  violente  irruption  pour
le  lundi  suivant.  Dans  cette  douloureuse  circonstance,  le  conseil  privé  se  réunit  et
décida  que  les  paiements  en  espèces  seraient  suspendus  à  la  banque  juscju’à  ce
que  le  Parlement  eût  pu  statuer.  A  cx;t  effet,  un  ordre  du  conseil  fut  promulgué  le
dimanche  26  février  1797.
»  Aussitôt  que  commença  la  suspension,  les  principaux  négociants,  banquiers
et  armateurs  de  Londres  signèrent  la  résolution  expresse  d'accepter  les  billets  de
la  banque  d’Angleterre,  et  se  portèrent  caution  des  efforts  qu’ils  tenteraient  pour
\  les  faire  accepter  des  autres,  dette  ré'solution  prise  conformément  à  l’état  officiel
            
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