Full text : Oeuvres complètes

CH  XXX.  —  INFLUENCE  DE  L’OFKKE  ET  DE  LA  DEMANDE.  359
“  l“Par  les  quatre  déjà  énoncées,  dans  leur  rapport  avec  la  chose
»  môme  dont  nous  voulons  exprimer  la  valeur;

tion  se  composent  de  salaire  ou  rétribution  d’un'travail  actuel,  et  d’intérêts  ou  réri
  utiond  un  travail  antérieur,  ou  se  trouve  ainsi  amené  forcément  à  reconnaître
pour  ase  des'prix  tout  ce  que  les  marchandises  ont  coûté  à  produire.  Il  est  même
pi  ent  que  les  manufacturiers  n’engagent  leurs  capitaux  dans  une  industrie  que
orsqu  ils  pressentent  une  demande  suffisamment  active  ;  et  comme  il  ne  peut
y  avoir,  dès  lors,  de  fabrication  inutile,  il  faut  bien  que  cette  fabrication  soit
rémunérée  sous  peine  de  ne  plus  être.  D’ailleurs  ,  si  vous  retranchez  cette
01  des  frais  de  production,  qui  plonge  jusque  dans  les  entrailles  mêmes  du
problème  des  échanges,  quelle  base  offrirez-vous  aux  valeurs?  Vers  quel  centre
les  ferez-vous  converger  ;  où  sera  votre  point  d’appui  et  où  votre  levier  ?  Placez
I  offre  en  face  de  la  demande,  aussi  longtemps  que  vous  voudrez  ;  faites  les  approvisionnements ­
  excessifs,  laites-les  insuffisants,  vous  n’eu  serez  pas  moins
obligé  de  recourir,  pour  fixer  vos  opérations,  au  prix  de  revient  de  chaque  denrée,
en  d  autres  termes  à  la  somme  d’efforts  et  de  temps  que  Tacheteur  et  le  vendeur
veulent  se  concéder  réciproquement  sous  des  formes  diverses.  Alors  seulement
peut  s’établir  cette  équation  qu’on  appelle  échange  et  que  niait  ^Montesquieu,
preten  ant  que  1  intérêt  des  uns  se  satisfait  nécessairement  aux  dépens  des  autres.
.1  donc  nous  étendons  sa  loi  à  de  larges  catégories  d’années,  Ricardo  nous  paraît
ctre  ans  le  vrai  et  avoir  vu  la  question  de  haut,  puisqu’il  fait  prédominer  la
notion  du  travail.  Riais  si  nous  envisageons  \e^J'aits  actuels,  les  incidents  économiques ­
  de  chaque  jour,  les  fluctuations  des  besoins,  des  idées,  des  goûts,  il  est
impossible  de  ne  pas  reconnaître  à  la  loi  de  J.-B.  Say  une  influence  décisive,  et
même  de  ne  fpas  lui  attribuer  les  perturbations,  les  revirements  incessants  que
présentent  les  marchés.
Ce  n  est  que  lentement,  après  des  tâtonnements  nombreux  que  semodifient
les  frais  ou  mieux  les*  coiuiitions  de  la  production  :  —  les  perfectionnements
sont  des  plantes  tardives  qu’il  faut  arroser  longtemps  de  sueurs  et  de  capitaux  :
mais  c’est  dans  un  clin  d’œil  que  se  modifient  le  goût,  les  habitudes  d’un  pays
*  Si  nous  proposons  l’expression  conditions  de  la  production,  au  lieu  de  frais  de  produc-IO«,
  c'est  qu’il  est,  en  effet,  un  grand  nombre  de  circonstances  qui  modifient  la  valeur  du
logique  que  nous  avons  voulu  faire  :  c’est  une  modification  qui  atteint  la  substance  même  de  la
doctrine  de  Ricardo.  Sans  cette  considération,  nous  n’aurions  certainement  pas  voulu  attenter
a  la  nomenclalure  babituelle,  si  controversée,  si  ardue,  surtout  depuis  le  livre  curieux  de  Malus ­
  sur  les  définitions  en  économie  politique  ;  livre  qui  devait  cependant  mettre  lout.le  monde
*  accor  .  Nous  aurions  d’autant  moins  hasardé  un  nom  inusité  que  nous  tenons  pour  égale
men  mal  avisés  ceux  qui  croient  avoir  (lerfectinnné  une  machine  par  l’addition  d’une  vis  ou
d  un  clou,  et  ceux  qui  croient  avoir  fait  marcher  une  science  par  l’addition  d’un  mot.
k  F.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.