Full text : Oeuvres complètes

en.  XXXII.  -  DK  L’OPINION  DE  M.  MALTHUS  SLR  LA  RENTE.  38.%
des  [»rimes,  ou  voit  que  je  suis  entièrement  de  l’o])inion  de  M.  Maithus.
  .T’ai  cité  le  passade  de  son  ouvrage  intitulé  :  Observalions
relaHves  mix  céréales,  pour  montrer  combien  le  sens  que  cet  écrivain, ­
  dans  cet  écrit,  attache  à  l’expression  prix  réel,  diffère  de
celui  qu’il  lui  donne  dans  sa  brochure  intitulée  :  Motifs  d’une  Opinion, ­
  etc.  Dans  cc  passage,  M.  Malthus  nous  dit  que  «  c’est  la  hausse
»  du  prix  réel  du  blé  qui  seule  peut  en  encourager  la  [»roductioii,  »
et  par  prix  réel  il  est  clair  qu’il  veut  désigner  l’augmentation  de  sa
valeur  relativement  à  toutes  les  autres  choses,  ou,  en  d’autres  termes,
la  hausse  de  son  prix  courant  au-dessus  de  son  prix  naturel.  Si  c’est
là  ce  que  M.  Malthus  entend  par  prix  réel,  son  opinion  est  certainement ­
  fondée;  c’est  en  effet  le  surhaussement  du  prix  courant  du  blé
qui  seul  en  encourage  la  production  ;  car  on  peut  regarder  comme
principe  infaillible  que  la  seule  chose  qui  puisse  encourager  l’augmentation ­
  de  production  d’une  denrée,  c’est  l’excès  de  sa  valeur  courante ­
  sur  sa  valeur  naturelle  ou  nécessaire.
Mais  cette  acception  n  est  pas  celle  que,  dans  d’autres  endroits,
M.  Malthus  donne  à  l’expression  prix  réel.  Dans  l’Essai  sur  la  Rente,
il  dit  .  «  Par  prix  réel  croissant  du  blé,  j’entends  la  quantité  réelle
*»  de  travail  et  de  eapital  qui  ont  été  employés  pour  produire  les  der-“
  Bières  additions  qui  ont  été  faites  au  produit  national.  *  Dans  un
autre  endroit,  il  dit  que  «  la  cause  du  prix  réel  et  comparativement
M  élevé  du  blé,  est  la  plus  grande  quantité  de  capital  et  de  travail
»  qu’on  doit  employer  pour  sa  production  (*).  »  Si,  dans  le  passage
précédent,  l’on  substituait  à  l’expression  de  prix  rëcUa  définition
de  M.  Malthus,  n’aurait-il  pas  le  sens  suivant?  «  11  est  elair  que  c’est
»  l’augmentation  du  travail  et  du  capital  qu’il  est  nécessaire  d’em-«
  ployer  pour  la  production  du  blé  qui  peut  seule  en  encourager  la
»  production.  »  11  vaudrait  autant  dire,  que  c’est  évidemment  la
hausse  du  prix  naturel  et  nécessaire  du  blé  qui  en  encourage  la  production— ­
  proposition  tout  à  fait  insoutenable.  Ce  n’est  pas  le  prix
auquel  on  peut  produire  du  blé  qui  peut  influer  sur  la  quantité  pro-*

  En  montrant  ce  passage  à  M.  Malthus,  au  moment  où  ces  feuilles  allaient
être  livrées  à  l’impression,  il  observa  que  «  dans  ces  deux  passages,  il  avait,  par
>>  inadvertance,  employé  l’expression  pr/x  réel  au  lieu  de  frais  de  production.  »
D’après  ce  que  j’ai  déjà  dit,  l’on  verra,  que  je  pense,  au  contraire,  (|ue  dans  ces
deux  cas  il  a  employé  l’expression  de  prix  réel  dans  son  acception  vraie  et  exacte,
et  que  ce  n’est  (jue  dans  le  passage  cité  plus  haut  que  cette  expression  est  inexacte.
(Note  de  l’Auteur.J
25

{OEm\  de  Ricardo.)
            
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