Full text : Oeuvres complètes

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434  ŒUVIŒS  DIVKHSES.
»ser  une  banqueroute  nationale  réelle,  sous  les  apparences  d’un
»  paiement  illusoire,  a  été  de  hausser  la  dénomination  des  coins.  Si,
A  par  exemple,  un  acte  du  Parlement  ou  un  édit  royal  élevait  une
»  pièce  de  six  pence  à  la  dénomination  de  un  shilling,  et  vingt  pièces
•>  de  six  pence  à  celle  d’une  livre  sterling,  la  personne  qui,  sous  le
»  régime  de  l’ancienne  dénomination,  aurait  emprunté  vingt  schil-»
  lings  ou  environ  quatre  onces  d’argent,  pourrait,  d’après  les  nou-»
  velles  désignations,  s’acquitter  avec  vingt  pièces  de  six  pence,
»  c’est-à-dire  quelque  chose  de  moins  que  deux  onces  d’argent.  De
»  cette  manière,  une  dette  nationale  au  capital  d’environ  128  millions,
„  chiffre  approximatif  de  notre  dette  fondée  et  flottante,  pourrait  se
»  payer  avec  H4  millions,  à  peu  près,  de  notre  monnaie  actuelle.  Ce
»  ne  serait  au  fond  qu’une  apparence  de  paiement,  et  1  on  aurait  frus-»
  tré  les  créanciers  de  l’État  de  10  schillings  par  livre  sur  ce  qui
»  leur  était  dû.  Le  désastre  s’étendrait  même  beaucoup  plus  loin
»  qu'aux  créanciers  de  l’État;  les  créanciers  particuliers  essuieraient
»  un  préjudice  proportionnel,  et  cela  sans  aucun  avantage  et  souvent
»  même  avec  un  surcroît  de  pertes  pour  les  premiers.  A  la  vérité,
»  si  un  créancier  de  l’État  était  endetté  envers  d’autres  personnes,  il
»  pourrait,  jusqu’à  un  certain  point,  compenser  sa  perte  en  payant
»  ses  créanciers  individuels  dans  la  monnaie  même  qu’il  aura  reçue
»  au  trésor.  Mais  dans  presque  tous  les  pays,  les  créanciers  du  gou-»
  vernement  sont,  pour  la  plupart,  des  gens  opulents,  dont  la  position
»  vis-à-vis  le  reste  de  leurs  concitoyens  est  plutôt  celle  de  créan  -
»  cier  que  de  débiteur.  —  Ainsi,  un  prétendu  paiement  de  ce  genre
»  aggrave  le  plus  souvent  la  perte  des  créanciers  nationaux  au  lieu
»  de  l'affaiblir,  et  étend,  sans  aucun  avantage  pour  le  public,
»  cette  perte  sur  un  grand  nombre  de  personnes  étrangères  à  ces
»  opérations,  il  détermine  de  plus  dans  les  fortunes  particulières
»  une  secousse  générale  et  fatale;  car  il  enrichit  le  plus  souvent
»  le  débiteur  oisif  _et  dissipé,  aux  dépens  du  créancier  indus-»
  trieux  et  économe,  et  il  enlève  une  grande  partie  du  capital  natio-»
  liai  aux  mains  capables  de  l’augmenter,  de  le  fertiliser,  pour  le
»  transmettre  à  ceux  qui  sont  les  plus  propres  à  le  dissiper  et  à  1  a-»
  néantir.  Quand  un  État,  comme  un  particulier,  est  conduit  a  la
»  nécessité  de  faire  banqueroute,  une  banqueroute  franche,  loyale,
»  publique,  est  toujours  la  mesure  la  moins  déshonorante  pour  le  dé-»
  biteur  et  en  même  temps  la  moins  nuisible  au  créancier.  Certes
»  l’honneur  d’un  État  est  tristement  garanti  quand,  pour  voiler  la
»  disgrâce  d’une  véritable  banqueroute,  il  a  recours  à  une  misérable
            
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