Full text : Oeuvres complètes

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LE  HAUT  PRIX  DES  LINGOTS.  —  APPENDICE.
la  circulation  d'un  pays  par  rapport  à  scs  provinces  extrêmes.
.le  suis  intimement  persuadé  que  la  monnaie  ne  joue  qu  un  rôle
très-secondaire  dans  l’infinie  multiplicité  des  transactions  commerciales ­
  qui  s’opèrent  entre  les  provinces  éloignées  du  royaume.  Les  importations ­
  se  balancent  presque  toujours  par  des  exportations',  et  la
preuve  en  est,  que  la  circulation  locale  des  provinces  (et  elles  n’en
ont  pas  d’autre)  s’étend  rarement  à  une  distance  considérable  du  lieu
de  l’émission.
Si  les  rédacteurs  de  la  Revue  ont  été  conduits  à  admettre  cette  doctrine ­
  erronée  des  commerçants,  que  dans  le  cas  même  où  le  numéraire
ne  serait  pas  moins  cher  dans  le  pays  exportant,  on  1  expédierait  encore, ­
  en  échange  de  marchandises;  si,  dis-je,  ilsl  ont  admise,  c  est  qu  ils
n’ont  pas  trouvé  d’autre  argument  pour  s’expliquer  comment  la
hausse  du  change  a  pu  quelquefois  accompagner  une  surémission ­
  de  bank-notes,  ainsi  que  l’a  établi  dans  un  rapport  adressé  à
la  commission  des  métaux  précieux  {Bullion  Committee),  M.  Pearse,
ex-sous-gouverneur  et  gouverneur  actuel  de  la  banque.  Ils  disent.
«  Sous  ce  point  de  vue,  il  n’est  certainement  pas  facile  d’expli-»
  quer  la  progression  ascendante  du  change  en  face  d’une  multi-»
  plication  patente  de  billets,  phénomène  qui  se  représente  pourtant
»  assez  fréquemment,  et  sur  lequel  le  sous-gouverneur  de  la  Banque  a
»  fortement  insisté  comme  une  preuve  que  nos  changes  extérieurs
«  n’ont  aucun  rapport  avec  l’état  de  la  circulation.  »
11  n’y  a  pourtant  pas  dans  ces  deux  circonstances  une  incompatibilité ­
  absolue.  M.  Pearse  semble  avoir  méconnu,  comme  les  rédacteurs ­
  de  la  Revue  d’Edimbourg,  le  principe  émis  par  les  partisans
de  l’abrogation  du  Bestriction-bill.  —  Ceux-ci  ne  prétendent  pas,
ainsi  qu’on  le  suppose,  qu’un  accroissement  de  billets  de  banque
abaissera  constamment  le  taux  du  change,  mais  ils  disent  que  ce  résultat ­
  sera  produit  par  une  circulation  surabondante.  Il  nous  reste
donc  à  examiner  si  une  augmentation  de  bank-notes  est  nécessairement, ­
  et  en  tous  temps,  suivie  d’un  accroissement  permanent  de  la
circulation  ;  et  si  je  puis  démontrer  le  contraire,  on  n’éprouvera  plus
de  difliculté  à  concilier  la  hausse  du  change  avec  une  augmentation
de  billets  de  banque.
On  reconnaîtra  immédiatement  que,  tant  qu’il  existe  en  circula-'
  Une  partie  de  la  production  des  provinces  s’exporte  sans  aucun  retour  pour
aller  constituer  le  revenu  des  absents  ;  mais  cette  considération  ne  peu
d’influence  sur  la  question  générale  de  la  circulation.
            
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