OEUVRES DIVERSES.
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il faudrait ajouter aux frais nécessités par le transport de l’argent
l’intérêt que perdra l’acheteur de l’or, depuis le moment où il l’aura
déposé jusqu’à celui où la Monnaie l’aura frappé. La destination
naturelle de la majeure partie de Vor-Umjot le porte dans les ateliers
monétaires de l’Europe; car c’est sous forme de numéraire seule
ment que l’or fructifie entre les mains de son possesseur. C’est pour
quoi, en comparant la valeur de la circulation d’un pays avec celle
des lingots d’une autre nation, nous ne devons jamais négliger cette
imperceptible supériorité de prix que possède le numéraire sur les
lingots. Ainsi, si un marchand de Hambourg, débiteur de 1 liv.
ster. envers un marchand anglais, importe en Angleterre assez d’ar
gent pour acheter l’or contenu dans 1 liv., il ne pourra liquider sa
dette qu’au moment où l’or aura été monnayé. Dès lors, à ses autres
dépenses viendra s’ajouter l’intérêt qu’il j)aiera à son créancier jus
qu’au jour où il recouvrera son or. 11 devra faire entrer cet inté
rêt dans l’arbitrage qu’il calculera entre une remise par traite et une
remise en lingots. La Commission des métaux précieux a estimé à 3
pour cent cette perte d’intérêt. Si ces principes sont exacts, il faut dé
duire dans les tableaux de M. M usb et l pour cent de plus que nous
ne l’avons fait sur les changes favorables avec Hambourg. Cette dédu
ction se rapporte aux époques où notre circulation elle-même néces
site des lingots. Elle devra s’élever à 2 ou 3 pour cent quand ils sont
destinés à la ^^exportation. 11 est némsaire aussi de remarquer que
la valeur relative de l’or à l’argent, qui tend partout à une égalité
de niveau, reste cependant soumise à des fluctuations continuelles
dans tous les pays, et que la meilleure preuve de la dégradation de
notre circulation monétaire réside bien plus dans le haut prix cou
rant des lingots que dans des échanges avilis’.
SECTION DEUXIÈME.
Change avec Paris.
Après avoir ainsi apprécié les objections que présente M. Bosan-
• J’ai lu dans un petit traité français Sur l’Institution des principales Ban
ques de l’Europe, qu’une fois la banque de Hambourg fut obligée de suspendre
ses paiements pour avoir consenti de trop grandes avances sur des lingots d’or
J’ai fait de valus efforts pour connaître la date de cet événement.— Il est évident
qu’il a dû avoir quelque influence sur le change, et on pourrait peut-être le rat
tacher aux années 1766 — 1767.