RÉPONSE AUX OBSERVATIONS DE M. BOSANQUET. 513
C’est dans ce principe que nous devons aussi chercher l’explication
du phénomène par lequel le prix des lingots, antérieurement à la re
fonte de 1696, ne s’éleva jamais aussi haut qu’on aurait dû l’attendre
de la composition falsifiée des monnaies à cette époque. La quantité
ne s’était pas accrue dans une proportion directe avec l’altération
de la qualité.
il résulte encore de notre s) sterne que dans un pays où l’or est
la mesure des valeurs, et où les lois sont impuissantes contre l’expor
tation, le prix des lingots d’or ne dépassera jamais celui de la mon
naie; qu’il ne peut lui être inférieur que d’une quotité égale aux dé
penses de monnayage ; qu’eniin ces variations naissent entièrement
du rapport qui existe entre le commerce du pays et le contingent
de numéraire ou de papier-monnaie : en d’autres termes, que la va
leur des lingots ne pourra s’élever à la hauteur même du prix de la
Monnaie, que sous l’influence d’un excès de circulation. Si, en effet, on
reconnaît dans l’Etat un pouvoir doué du privilège d’accroître capri
cieusement la monnaie de papier, et affranchi en même temps du
paiement de ses billets, il ne peut y avoir d’autres limites pour le prix
de l’or que la volouté de cette nouvelle dictature.
3
(OEuv. de Ricardo.)