Full text : Oeuvres complètes

516

ŒI  VUES  DIVERSES.

tante  qu’elle  ne  le  parait  au  premier  abord,  et  M.  Jiosanquet  sentait
bien  que  c’était  là  Je  sens  que  j'avais  eu  en  vue.  11  a  poussé  l’obligeance
jusqu’à  lixer  mon  interprétation  dans  un  passage  où  elle  semblait
obscure.  11  l’a  fait  de  la  manière  la  plus  hal)iie  et  qui  prouve  combien ­
  il  a  su  comprendre  l’acception  que  j’attribuais  à  ces  mots  :  Une
circulation  excessive.  Il  fait  observer  sur  ce  passage,  p.  86  :  «  Si
l’on  adopte  cette  version,  il  deviendra  presqu’inutile  de  rechercher,
de  vérifier  si  l’excès  du  papier-monnaie  est  un  fait.  Nous  devons
nous  contenter  de  déduire  de  ses  effets  les  preuves  de  son  existence,
et  nous  efforcer  d’établir  que  toute  dépréciation,  comme  tout  renchérissement ­
  de  prix  des  marcbandises  ,  a  son  principe  et  sa
cause  dans  le  montant  seul  des  agents  de  la  circulation.  »  J’admets
franchement  que  tant  que  le  haut  prix  des  lingots  et  la  ténuité
j  de  nos  changes  se  perpétueront,  tant  que  notre  or  conservera  sa  pu-I
  reté,  l’existence  de  5  millions  de  bank-notes  seulement  dans  la  circulation ­
  ne  me  paraîtra  pas  un  argument  suffisant  pour  prouver  que
notre  système  n’est  point  discrédité.  C’est  pourquoi  lorsque  nous
parlons  d’un  excès  de  bank-notes,  nous  voulons  désigner  cette  por
tion  des  émissions  totales  de  la  banque  qui  peut  actuellement  avoir
cours,  mais  qui  disparaîtrait  si  la  circulation  revenait  à  sa  valeur  en
lingots.  Quand  nous  parlons  d  un  excès  de  circulation  eu  province,
nous  entendons  cette  portion  du  montant  total  des  billets  de  banques
provinciales,  qui  ne  peuvent  être  reçus  dans  la  circulation,  parce
qu'ils  demeurent  échangeables  contre  le  papier  de  la  Banque  d’Angleterre, ­
  et  sont  dépréciés  relativement  à  ce  dernier.
Cette  distinction  me  parait  répondre  rigoureusement  à  l’objection
que  M.  Bosanquet  formule  en  ces  termes  :  «  Mais  faut-il  donc  conclure ­
  de  ce  qu’il  y  a  déjà  dans  la  circulation  plus  de  papier  de  banque ­
  que  le  pays  n’eu  peut  absorber  et  employer,  qu’une  émission
exagérée  des  billets  des  banques  de  province  n’entraiuera  pas  leur
dépréciation  *>  Si  l’on  admet,  et  comment  le  nierait-on?  que  le  prix
des  marcbandises  doit  partout  s’élever  ou  ffécbir  en  rapport  direct  avec
l’accroissement  ou  la  diminution  des  monnaies  qui  servent  à  leur
mouvement,  ne  verra-t-on  pas  une  augmentation  des  monnaies  de
Condres  hausser  le  prix  des  marcbandises  dans  cette  ville  seule,  a
moins  qu’une  partie  de  cette  monnaie  ne  soit  introduite  dans  la  circulation ­
  des  provinces  ?  La  même  hausse  n’agirait-elle  pas  au  contraire ­
  sur  les  prix  de  la  province  seule,  si  la  masse  monétaire  s’y  était
accrue,  et  ne  pouvait  être  convertie  en  circulation  de  Londres  ou
avoir  cours  sur  celte  place.  Si  l’on  admet  la  réalisation  del’bypolbèse
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.