ŒUVRES DIVERSES
3® La découverte de nouveaux marchés d’où il soit possible d ex
porter le blé à un prix intérieur au coût de la production indigène.
La première de ces causes agit d’une manière plus ou moins
constante, suivant que létaux des salaires se rapproche plus ou moins
de la rémunération légitime qui est nécessaire à la subsistance du
travailleur.
Ces oscillations des salaires sont communes à toutes les périodes des
sociétés ; elles les accompagnent à titre égal dans la phase stationnaire,
ascensionnelle ou rétrograde. Dans la pbast* stationnaire elles se li
glent entièrement sur l’accroissement ou la decadence de la population.
Dans la phase progressive elles varient suivant (|ue le capital ou la
population se développe plus rapidement. Dans la troisième phase
enfin, elles agissent suivant que le capital ou la population a déchu
avec plus de rapidité.
Comme l’expérience démontre (jue tour à tour le capital et la popu
lation sont en avant du mouvement et que les salaires sont en eonse
qucnce alternativement élevés et exigus, il est impossible de rien sla
tuer de positif sur la question des profits envisagés relativement aux
salaires. Mais je pense qu’il est possible de prouver surabondamment
que, dans toute société où la richesse et la population sont en voie de
progrès, les profits généraux doivent fléchir indépendamment de l’in-
fluence des salaires, à moins toutefois (juc l’agrieultui-e n’ait été en
richie de quelques perfectionnements ou ([UC 1 on ne puisse im|)orter
du blé à un prix inférieur.
Ces conclusions semblent dériver néeessairement des principes que
nous avons considérés comme réglant les mouvements de la rente.
Cependant elles seront diflieilemcnt acceptées par ceux qui attribuent
la marche des profits à l’extension du commerce et à la découverte de
nouveaux marchés où nos marchandises trou vent des prix plus élevés,
et oil nous pouvons nous procurer a des conditions plus douces les den
rées étrangères, — faisant ainsi abstraction totale de I état dt. la terii
et du taux des bénéfices obtenus sur les dernières portions de capital
agricole. Rien n’esf plus fréquent que d’entendre répéter que les pro
fits de ragriculture ne règlent pas plus les jirofits commerciaux, que
ces derniers n’influent eux-mêmes sur les bénéfices agricoles, (tu sou
tient qu’ils dominent alternativement ; et si les profits du commerce
s'élèvent elîeetivement, comme on le prétend, lors de la decouverte de
nouveaux marchés les profits de l’agrieulture augmenteront aussi ; car
il est admis que s’ils n’augmentaient pas on enlèverait le eajiital à la
terre pour l’aflecfer aux ojiérations les plus avantageuses. Mais si les