DE L’ÉTABLISSEMENT D’UNE CIRCULATION MONÉTAIRE. 603
Les propositions de M Grenfell S sur lesquelles le parlement aura
à statuer dans la prochaine session , retracent brièvement les faits
contenus dans les documents dont il a appuyé ses motions, et con
eluent à ceci : « La chambre prendra promptement en considération
" les avantages dont jouit la Banque, à la fois comme adminis
»» trant la dette nationale, et comme dépositaire des deniers pu-»
hlics. Elle aura constamment en vue l’adoption d’un arrangement
« qui daterait du jour où les conventions actuelles cesseront, et qui
« devrait concilier, autant que possible, les intérêts de l’État avec.
“ les droits, le crédit et la stabilité de la Banque d Angleterre. »
M. Mellish a aussi formulé des propositions qui seront soumises
aux prochaines délibérations du parlement. Ces propositions* admettent
tous les faits énoncés par Al. Grenfell : seulement elles mentionnent
deux services insignifiants que la Banque rend au public,
l’un sans rétribution’, l’autre pour une rétribution inférieure aux
frais que nécessite l’intermédiaire des collecteurs de taxes. Alais la
huitième et la neuvième proposition émettent une étrange prétention.
Elles semblent ])oser aux esprits cette question : Lors de 1 extinction
du prêt de 3,000,000 1. en 1810 et avant l’époque où doit
expirer la charte de la Banque, le gouvernement aura-t-il le droit
de lui demander une rémunération quelconque pour les avantages
* Voyez l’appendice.
* Voyez l’appendice.
* Ce service gratuit se réduit à défalquer du montant de chaque ceupon la
quotité proportionnelle de l’impôt sur les propriétés.
L’autre consiste à recevoir de certains contribuables les sommes provenant
delà taxe sur les propriétés. La Banque perçoit pour cette fonction I2.W 1. par
million ou 1/8 pour cent.
Si la centralisation de ce revenu était opérée au moyen des collecteurs il leur
serait alloué une commission de h deniers par livre : ce qui coûterait au public
58,007 I., au lieu de3480 1. payées à la Banque.
Il n’est peut être pas une seule branche des opérations de la Banque qui s’aceomplisse
avec plus de facilité que celle-ci. Aussi, loin de trouver que la rétribution
soit insuffisante, ¡e la crois le produit d’une véritable libéralité.
Il est évident qu’il y a économie pour la nation à puiser ses revenus dans un
centre lixe, au lieu de les recueillir péniblement dans les tournées de ses percepteurs.
Mais la Banque paraît avoir pensé que le chiffre de sa commission dev ait se
calculer sur l’écimomie offerte à l’État,plutôt que sur l’importance i^eeMe eses
fonctions et de ses dépenses. Que dirait-elle d’un ingénieur qui établirait le prix
d’une machine à vapeur non sur la valeur de l’industrie et des matériaux consacrés
à la construire, mais sur la valeur du travail qu’elle est appelée à épargner?