Full text : Oeuvres complètes

DE  LA  PROTECTION  ACCORDEE  A  L’AGRICULTURE.  649
N’est-il  pas  évident  que  la  rente  des  meilleures  terres  obéit  alors  au
(lécroissement  des  récoltes  sur  les  groupes  inférieurs  qui  ne  rendent
plus  que  15  boisseaux?  La  rente  qui  pèse  sur  la  culture  des  terrains
uù  l’on  récolte  32  boisseaux  est  égale  à  la  valeur  de  17  boisseaux,
différence  entre  15  et  32,  et  n’aurait  jamais  existé  si  l’on  n’eùt  pas
(Exploité  des  terrains  moins  féconds.  Si  donc,  la  production  de  15
l^oisseaux  de  froment,  grevée,  sur  les  terres  fertiles,  du  service  de  la
^'^ute,  et  affranchie  de  toute  redevance  sur  les  terres  pauvres,  s’élève
^ussi  haut  que  les  dépenses  nécessitées  avant  l’origine  de  la  rente,
les  30  boisseaux  obtenus  sur  les  terrains  de  premier  ordre,  il  est
évident  que  le  prix  doit  doubler.
Ces  considérations  nous  enseignent  donc,  que  si  le  développement
des  sociétés  n’est  pas  favorisé  par  des  importations  proportionnelles,
®lles  tendent  invinciblement  à  envahir  les  sols  les  moins  féconds  pour
y  Alimenter  une  population  sans  cesse  croissante.  —  Le  prix  du  blé
Aîarche  parallèlement  au  progrès  des  sociétés,  et  sous  l’inlluence  de
^et  accroissement  multiple  la  rente  des  meilleures  terres,  de  celles  qui
^''aient  été  cultivées  tout  d’abord,  s’élève  immédiatement.  11  faut
^Ae  des  prix  plus  considérables  viennent  alors  compenser  l’affaiblis-'’^Rient
  des  récoltes  ;  mais,  qu’on  ne  s’y  trompe  pas,  ce  renchérisse-*^®nt
  de  prix  ne  saurait  être  un  bien.  Il  n’eùt  pas  existé  si  moins  de
l*’avail  avait  suffi  à  créer  les  mêmes  résultats;  il  n’eùt  pas  existé,  si
PA**  la  multiplication  de  nos  ressources  industrielles  nous  nous  étions
Appliqués  à  obtenir  indirectement  le  blé  par  l’échange  de  nos  articles
"Manufacturiers.  Dès  qu’un  prix  élevé  naît  d’une  production  oné-J‘<^Use,
  il  devient  un  mal  et  non  un  bien  ;  car  dans  ce  cas  le  prix  n’est
Aut  que  parce  qu’il  a  fallu  consacrer  une  grande  somme  de  travail  à
A  culture  du  blé.  S’il  avait  fallu  moins  de  travail  pour  le  créer,  la
^^^'iété  aurait  pu  diriger  une  plus  grande  partie  de  ces  forces  actives
"IRi  sont  la  seule  source  réelle  de  sa  riehesse,  dans  des  voies  propnîs  à
^l^ndrc  le  cercle  de  ses  jouissances.
SECTION  DELXIÈME.
Influence  de  l  au^mentation  des  salaires  sur  le  prix  du  blé.
partisans  les  plus  déclarés  du  système  restrictif  admettraient
Probablement  la  plupart  des  faits  que  nous  avons  établis  dans  la
Amotion  précédente;  ils  avoueraient  que  les  droits  protecteurs  qui
"^Appent  l’importation  du  blé,  sont  tous  vicieux,  principalement  en
"IM  ils  nous  obligent  à  consacrer  relativement  une  plus  grande
            
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