Full text: La Hongrie de l'Adriatique au Danube

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LA HONGRIE 
gués de tous les comitats slaves du Sud. — Après avoir solennellement 
ouvert la Diète, Jellachich se rendit, pour se justifier, à Inspruck, où kEm 
pereur s’était réfugié et F attendait. 
Il fut introduit auprès de Sa Majesté, entourée des princes de la famille 
impériale et des hauts fonctionnaires de la couronne. 
C’était devant un tribunal que le nouveau ban comparaissait. 
L’Empereur lui reprocha d’avoir désobéi; il blâma ses projets. Mais 
Jellachich, d’une voix ferme et tranquille, comme un homme quise sent 
appelé à remplir une mission sainte, ne cessait de lui répéter : 
— Je demande pardon à Votre Majesté, mais je veux sauver 1 empire. 
Les autres vivront s’ils veulent quand il sera tombé; mais moi, je ne vivrai 
certainement pas. 
Il parla pendant trois quarts d’heure, renouvelant sans cesse, en son nom 
et au nom de ses compatriotes, la promesse et le vœu de mourir pour 
l’Empereur. 
Il croyait avoir triomphé de la résistance impériale; il repartit plein 
d’espoir. Mais, arrivé à Linz, étant entré dans une auberge, il lut dans un 
journal qui lui tomba par hasard sous la main, le décret qui le déclarait 
traître à la patrie et le privait de ses honneurs et dignités. 
Ee coup était rude. 
A sou retour à Agram, Jellachich n’en fut pas moins reçu comme un 
triomphateur. 
Le soin d’aplanir les difficultés entre la Hongrie et la Croatie fut alors 
confié a 1 archiduc Jean, et Jellachich se rendit à Vienne pour prendre part 
à des conférences qui n aboutirent pas. 
— Nous nous reverrons sur la Drave, lui dit avec hauteur, en le quit 
tant, le président du ministère hongrois, le comte Bathiany. 
On sait que la Drave sépare la Hongrie de la Croatie. 
— Non, répliqua Jellachich, vous n’avez pas besoin de vous déranger, 
je viendrai vous trouver sur le Danube. 
Ces mots étaient les avant-coureurs de l’orage. 
Les Croates firent de nouveau à leur ban une réception enthousiaste. 
Jellachich se montra à la fenêtre de son palais et harangua le peuple; il 
dit en terminant : « Je veux une Autriche forte, puissante, libre et indépen 
dante. Vive notre belle patrie! » 
La foule entonna 1 hymme national croate, et, le lendemain, la Diète 
votait des dépenses et des levées extraordinaires. 
La guerre à la Hongrie était déclarée. 
Kossuth, de son côté, n’était pas homme à reculer; quoique malade, il
	        
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