Full text : La Hongrie de l'Adriatique au Danube

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LA  HONGRIE

Autour  de  l’église  Saint-Étienne,  c’étaient,  les  dimanches  et  les  jours  de
fête,  des  processions  splendides  qui  défilaient  lentement  au  chant  des
cantiques  et  au  son  des  cloches,  bannières  au  vent;  des  cavaliers  armés  de
toutes  pièces,  et  dont  la  cuirasse  étincelait  au  soleil,  escortaient  à  cheval
le  dais  de  l’archevêque;  puis  venaient  les  magnats  en  costume  de  velours
et  d’or,  avec  leur  suite  empanachée,  les  corporations  de  marchands,  les

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  jouaient  du  violon  et  chantaient  au  coin  des  rues.

ouvriers  bourguignons,  et  les  riches  négociants  de  France  et  de  Lombardie,
accompagnés  de  leurs  femmes  en  costume  national,  à  la  coupe  étrange.
Les  trois  quarts  de  la  ville  de  Gran  étaient  habités  par  des  étrangers.
Chaque  nationalité  occupait  une  rue  ou  un  quartier  distinct;  de  sorte  qu  a
tel  endroit,  on  pouvait  se  croire  en  France;  à  tel  autre,  en  Italie;  plus  loin,
en  Allemagne  ou  en  Bulgarie.  Il  était  bien  difficile  au  voyageur  qui  arrivait
pour  la  première  fois  de  s  orienter  au  milieu  de  toutes  ces  langues,  de  ces
types  et  de  ces  costumes  divers.  Ces  négociants  enrichis,  cousus  d’or  et  de
vanité,  surpassaient  la  noblesse  en  luxe  et  en  magnificence.  Ils  avaient
revêtu  de  marbre  la  façade  de  leurs  hôtels;  ils  avaient  appliqué  à  leurs
fenêtres  les  grilles  les  plus  délicatement  travaillées,  et  aux  angles  des  toits
se  tordaient  des  gargouilles  grotesques,  se  dressaient  des  dragons  ailés  à  hi
            
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