LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
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La largeur (lu chenal (¡ni autrefois ne dépassait pas /jo mètres,
est actuellement de 5o mètres.
Les quais de la rive gauche ont été récemment augmentés
de 3oo mètres d’estacades — pour lesquelles le conseil géné
ral de la Loire-Inférieure a dépensé plus d’un million et
demi. La Chambre de commerce de Nantes s’est en outre
préoccupée, d’accord avec l’administration des chemins de
fer de l’État, de l’agrandissement de la gare de la Prairie-
au-Duc ; la gare va se trouver prolongée jusqu’à la ren
contre de la Loire en face de l’île Lemaire, qui disparaît jiar
morceaux sous le creusement incessant de la drague. Au
droit de son emplacement actuel s’élèveront 3oo mètres
d’estacades nouvelles, en arrière desquelles de vastes terre-
pleins permettront le dépôt et la manutention des marchan
dises, ainsi que l’installation de lignes régulières de navi
gation. Ces travaux ne sont (pie l’amorce d’une nouvelle
ligne de (¡nais qui atteindra près d’un kilomètre de longueur ;
la disparition de l’ile Lemaire aura pour effet de porter à
200 mètres la largeur du bras nord en face des entrepôts.
L’outillage du port se perfectionne en même temps, assu
rant aux navires l’avantage considérable d’être chargés et
déchargés dans le plus bref délai possible (').
Toute une série d’autres grands travaux sont encore pro
jetés, ayant pour objet soit d’augmenter la superficie navi
gable du port qui n’est guère, à cause de l’ensablement, que
de 25 hectares sur 35, soit d’assurer une meilleure commu
nication du port avec la mer.
(i) Un Nantais qui a contribué pour une large part à la renaissance de sa ville natale,
mon distingué confrère M. Maurice Scliwob, montre dans sa remarquable monogra
phie ; Comment grandit un port, que la perfection de l’outillage devient une nécessité
absolue pour un port. Le dicton anglais time is money est ici plus rigoureusement appli
cable que dans tout autre cas. Un vapeur d’importance très moyenne dépense aujour
d’hui 1,200 à i,lioo fr. par jour. L’heure vaut donc pour lui Go fr., un franc par-minute !
En d’autres termes ; si l’outillage lui permet de gagner seulement 48 heures dans son
déchargement, c’est 3/)oo fr. dont il bénéficiera et le prix de fret d’un port s’en ressen
tira, si ce gain y est régulièrement assuré.