LES CHANTIERS FRANÇAIS. iSy
ficulté ; il suffit de faire un sirjne pour voir des centaines
d’ouvriers se présenter. Nous ne pouvons accepter tous les
apprentis qui se présentent, tant ils sont nombreux ; nous
ne prenons quère que quelques « mousses » — fils d’ouvriers,
de contremaîtres ; nous leur faisons suivre des cours du
soir et les formons peu à peu. La journée de travail est de
dix heures ; nous ne pratiquons pas le marchandage ; nos
ouvriers gagnent un salaire moyen de 5 fr., en sus duquel
ils touchent, au prorata de leurs heures de travail et de
leur salaire, des suppléments qui constituent une sorte de
« prime à la vitesse » ; ce supplément peut aller jusqu’à
3o p. loo du salaire. »
Je demande à M. Bourdin si les ateliers et chantiers de la
Loire seraient en mesure de construire et de livrer rapide
ment des cargo-boats à la marine marchande : « Plus facile
ment encore que des voiliers, me dit-il, puiscjue nous sommes
spécialement outillés pour la construction des steamers. »
Mais sur le chapitre des prix, M. Bourdin se tient dans
une réserve toute diplomatique. Toutefois, en se déclarant
l’adversaire résolu de la compensation d’armement, M. Bour
din indiijuait avec une suffisante netteté que les chantiers
de la Loire ne supporteraient pas sans dommages, môme en
continuant à bénéficier des primes de construction, la con
currence des chantiers étrangers.
VI. Les chantiers de Chantenay.
Centre important de fabriques établi sur la rive droite de
la Loire, Chantenay, avec scs vingt mille habitants, est
guetté par Nantes, qui poursuit depuis longtemps son an
nexion et y aboutira certainement. A vrai dire, rien ne sera
plus juste; il n’existe pour les deux villes, topographique-