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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
<)roiipemeiit/)ermrt«eni des forces dispersées et liiiillées de
chacun en une seule force efficace et sérieuse. Et ainsi esl
né le inouveinent syndical. Ce prohlènie de la représenlalion
collective et stable de la classe ouvrière organisée s’est présenté
partout où révolution iudustiielle moderne s’avérait
avec son caractère spécifique, avec les traits essentiels et
marqués que nous lui avons reconnus. Il s’iist posé avec
plus ou moins d’acuité dans les divers [lays, et y a été résolu
avec [)lus ou moins de diflicullé suivant cpu* le développement
économique y était plus ou moins accusé, le
phénomène industriel plus ou moins intense. Sa solution a
été en Erance le syndicat j)rofessionnel et en Anqleterre la
Trade-Union (').
Mais tandis qu’en France h; mouvement syndical, mal aidé
par une loi insuffisante, en esl encore à la période pénible des
tâtonnements et se heurte à l’iqiposition plus ou moins dissimulée,
plus ou moins malveillante, du patronat capitaliste, en
Anqleterre les trade-unions, après, il est vrai, des luttes sans
nombre, sont parvenues, comme chacun le sait, à être la représentation
véritable, officielle, reconnue, du monde du travail.
Bien qu’elles ne qroupent (pi’un cimpiième environ de
la population ouvrière mâle, elles se sont imposées à la considération
et môme au respect tant des pouvoirs publics ipie
du patronat et de l’opinion. Elles ollrent, selon la remarque
de M. J. Paul-Boncour(*), « le spectacle de véritables
souverainetés économiijues et professionnelles ; dans la branche
de métier et pour la région qu’elles représentent, elles
régissent d’une façon souveraine, pacifupie et légale, les
(i) -M. Sydney VVebb observe (jue les premières associations permanentes de salariés
en Angleterre précèdent le système mannfartnricr d’un demi-siècle et se rencontrent
dans des métiers exercés uniquement par le travail à la main. Mais il ajoute: u L'exemple
capital de la connexion du trade-unionisme avec le divorce qui sépare l’ouvrier de
l’instrument de production se trouve dans la formation rapide des associations ouvrières
lors de 1 introduction du système des fabriques. »
(a) Le FédéruUsnie économique, {VAt J. Paul-Honcour, p. igi.