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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
L
équipe de rivetaqe — orqauisée de la façon que j’ai indiquée
plus haut — ne pose quère, par jour, que de ipiatre à six
cents rivets, la riveuse à percussion, aisément manœuvrable
en raison de son poids léqer, permet d’en placer dans le
même temps de 1,200 à i,5oo. Lorsque, en certains ate
liers, on introduisit cette riveuse, on put, encore que les
ouvriers peu familiarisés avec son maniement ne parvinssent
à poser quotidiennement que 700 à 900 rivets, supprimer
sans inconvénient un des trois hommes de l’équipe. Bientôt
même, on s’aperçut qu’il était possible d’éliminer deux
hommes — un riveur et le teneur de coups — et que le foiic-
tiounement de la riveuse pouvait se trouver assuré par une
équipe composée seulement d’un riveur, d’un manœuvre et
d’un boy. Mais alors la Trade-Union intervint ! Elle exiqea
d’abord que l’on gardât les deux riveurs, puis que l’on reprît
le teneur de coups, bref qu’on reconstituât l’équipe des trois
hommes et du boy. Toutefois, comme le tarif de la pose des
rivets avait été calculé sur le travail de deux hommes et d’un
boy, les riveurs durent, de leur côté, consentir à ne pas de
mander d’augmentation sur le tarif; c’est à cette condition
qu’on leur laissa reprendre leurs camarades. En sorte que
dans les chantiers où la riveuse s’est introduite, le gain des
ouvriers a diminué, mais le personnel employé est resté à
[)eu près le même.
Mais cette solution que le Trade-Unionisme a pu momen
tanément imposer, grâce à sa puissante organisation, ne
peut pas être durable et définitive ; elle ne saurait constituer
qu’un expédient provisoire, impuissant au surplus, comme
tout ce qui est « cote mal taillée », à satisfaire pleinement
les deux parties, les deux intérêts en cause.
Le même fait s’est reproduit avec la machine à calfater,
mue comme la précédente par l’air comprimé.
Les machines à calfater furent présentées, il y a déjà huit