l’effort nécessaire.
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« On a bien vite fait d’accuser le (fouvernemeiit espagnol
d’incurie; mais nous savons aujourd’hui que la plupart des
carqo-boats naviquaut sous pavillon espagnol appartenaient
défait à des capitalistes anglais, et qu’ils restèrent immobi
lisés à Livcigiool et dans d’autres ports anglais jusqu’à la
fin de la guerre.
« Voilà l’explication de ces faits, en apparence inexpli
cables, que nous verrions se reproduire chez d’autres na
tions, sous le pavillon desquelles il a plu aux armateurs
au()lais de faire fructifier leurs capitaux, à la faveur d’une
léqislalion qui a leurs jiréféreuces, et pour profiter d’une
main-d’œuvre à meilleur compte que la main-d’œuvre
an()laise. Ces pays, en outre de l’Espagne, sont, tout le
monde le sait, la Norvège et la Grèce. En réalité, une
bonne partie des vajieurs de ces pays sont des navires
anglais naviguant sous pavillon espagnol en Espagne, sous
pavillon norvégien eu Norvège et sous pavillon grec eu
Grèce.
« Que, demain, la compensation d'armement soit votée,
et nous verrons le même phénomène se produire sous pa
villon français. Des quantités de navires anglais et quelques
navires allemands, attirés par cette bonne aubaine, trouve
ront en France des acquéreurs de complaisance. Ces na
vires, francisés, n’auront de français que leur nom et leur
pavillon. Ils profiteront des relations commerciales de leurs
véritables propriétaires, et ceux-ci partageront avec les
acquéreurs français la compensation d’arrnemeut, sans qiui
lesdits navires puissent nous rendre aucun service en temps
de guerre. »
Ce ne sont pas les seules critiques justifiées que l’on
puisse adresser au projet du Gouvernement. En admettant
à la compensation d’armement jusqu’à l’Age de vingt ans
les navires construits à l’étranger, il ne favorise assurément