Full text : Le problème de la marine marchande

LE  PROBLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

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comme  population,  comme  richesses  naturelles,  même
comme  nombre  de  kilomètres  théoriquement  navigables,  au
moins  un  septième  de  la  France.  Sans  doute  nous  ne  représentons ­
  encore  qu’un  trente-deuxième  du  tonnage  total  de
la  navigation  intérieure,  mais  à  qui  la  faute  ?  Précisément  à
rÉtat,  qui  nous  a  toujours  négligés  à  ce  point  de  vue...(')  »
Rien  n’est  malheureusement  plus  exact.  Ce  n’est  point  ici
qu’il  convient  de  s’étendre  longuement  sur  cette  (piestion  ;
mais  je  tiens  cependant  à  faire  remarquer  avec  quelle  légèreté ­
  les  assemblées  les  plus  compétentes  —  il  ne  viendra  à
personne  la  pensée  de  contester  l’autorité  du  Conseil  supérieur ­
  du  commerce,  que  M.  Baudin  a  suivi  dans  ses  errements ­
  —  traitent  parfois  les  intérêts  graves  dont  ils  ont  la
charge.  La  région  du  Sud-Ouest  de  la  France  traverse  depuis
([uinze  ans  une  crise  terrible  :  ravagée  par  le  pliylloxéra,
elle  a  pu,  à  force  de  peines  et  de  sacrifices,  vaincre  le  fléau
dévastateur  et  reconstituer  ses  vignobles.  Voici  que  la«  mévente ­
  »  —  c’est-à-dire  l’impossibilité  d’écouler  les  produits
récoltés  —  vient  à  son  tour  semer  de  nouvelles  ruines  dans
cette  partie  de  la  France.
Naturellement,  dans  leur  inquiétude  de  l’avenir,  les  populations ­
  méridionales  commencent  à  tourner  les  yeux  vers
l’industrie;  elles  sentent  fort  justement  que  si  cette  dernière
pouvait  pénétrer  en  leurs  contrées,  jusqu’ici  purement  agricoles, ­
  leur  misère  s’en  trouverait  allégée;  l’industrie  ajouterait ­
  une  corde  à  leur  arc  et  assurerait  aux  produits  du  sol
un  débouché  plus  large.  Mais  la  première  condition  du  développement ­
  industriel,  pour  une  région,  c’est  de  disposer
de  moyens  de  transports  abondants  et  peu  chers.  Les  routes
d’eau  «  suscitent  les  usines,  améliorent  l’agriculture,  transforment ­
  les  pays  ».  Par  le  bas  prix  du  transit,  elles  procuti) ­

  G.  Rossignol,  «  La  Garonne  navigable  »  (Revue  commerciale  et  coloniale  du
32  mars  1901).
            
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