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58 LE PROHLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
Le Havre.
Tonneaux de jauge. Augmentation.
1870 i,2oG,ooo Environ
1880 1,909,000 708,000 ou 03 p. 100
1890 •2,109,000 190,000 — 9 —
1899 2,175,000 iO,ooo— 0,7 —
Augmentation totale depuis 1870. 909,000 ou 80 —
Liverpool.
1870 3,/¡i0,ooo Environ
1880 4,913,000 1,497,000 ou 44 P- 100
1890 5,782,000 809,000 — 19 —
1899 0,i52,ooo 370,000 —o,oO —
Augmentation totale depuis 1870. 2,780,000 ou 80 —
Le milliard cl demi dépensé par la France pour ses ports
n’a donc pas assuré à ceux-ci un dévclo[)pement comparable
à celui (pi’aKeitpiaicnt les grands ports élraiipcrs. Nous
avons en eilet commis une faute capitale : au lieu de concen
trer notre eilbrt pécuniaire sur quelques points bien choisis,
nous l’avons disséminé partout, souvent sans utilité appré
ciable. Les ports tjui devaient fatalement se développer —
comme Dunkerque, en raison de son qrand réseau de
canaux et de la proximité d’une puissante réqion indus
trielle, ou comme Marseille, débouché naturel de Paris et
de la vallée du Rhône sur la Méditerranée — ont progressé.
Les millions enfouis dans beaucoup d’autres furent impuis
sants à leur donner l’activité ([u’une ambiance économique
plus favorable aurait pu, seule, provoquer.
L’Allemagne n’est pas tombée dans cette erreur ; ména
gère de ses ressources, elle a su les préserver de tout gas
pillage. En douze ans — de 1888 à 1900 — elle a dépensé
pins de six cents millions pour agrandir ses ports et en
améliorer l’état ; mais pas un centime de cette somme énorme