Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES
naissant  la  ville  désignée,  et  le  tribunal  nommé  par  elle  comme  arbitre ­
  ;  les  parties  étaient  alors  obligées  à  exécuter  immédiatement  le
jugement.  Si  l’une  des  parties  ne  comparaissait  pas  à  Pergame  à
l’époque  fixée,  ou  faisait  défaut  quand  le  jugement  devait  être  rendu,
elle  perdait  l’affaire  l .
Cette  convention  d’arbitrage  entre  Sardes  et  Ephèse  fut  conclue
pas  des  envoyés  de  chacune  des  villes  ;  elle  doit  être  valable  pour
l’éternité.
M.  Frænkel,  qui  a  édité  l’inscription,  s’étonne  avec  raison  que
deux  villes  de  province  aient  pu  conclure  une  semblable  convention,
et  parler  de  cette  manière  dans  un  document  officiel  de  la  possibilité
de  se  faire  la  guerre.  Sonne 2  est  aussi  très  dubitatif  sur  ce  qu  il
doit  croire.
L’inscription  elle-même  et  sa  lecture  sont  cependant  certaines  et
ne  laissent  place  à  aucun  doute.  On  doit  donc  accepter  la  convention ­
  comme  un  fait  historique 3 .  On  doit  se  rappeler  que  dans  la
forme  les  Romains  laissaient  souvent  aux  villes  soumises  une  grande
liberté  ;  l’uniformité  n’était  en  général  pas  leur  cas.  Ils  ne  voyaient
ancun  danger  à  ce  que  les  deux  villes  jouassent  ce  que  nous  pouvons ­
  appeler  la  comédie,  de  s’engager  à  ne  pas  se  combattre.  Du
reste,  pour  juger  combien  les  villes  des  provinces  pouvaient  agir
librement  sous  la  domination  romaine,  il  suffit  de  mentionner,  outre
ce  qui  sera  dit  ci-après  des  Laconiens  libres 4  et  du  différend  de
Milet  et  de  Priène 5 ,  le  fait  que  par  exemple  Corcyre,  Apollonie,
Epidamne  et  Syracuse  vers  environ  200  av.  J.  C.  traitaient  toutes
librement  avec  la  ville  de  l’Asie  Mineure,  Magnésie  6 ,  qui  à  l’inverse
de  celles-ci,  n’était  pas  encore  tombée  sous  la  domination  romaine.
Nous  avons  ici  d’autant  moins  de  raisons  de  douter  que  l’affaire
doive  être  interprétée  de  cette  façon,  que  nous  avons  une  preuve
certaine  que  précisément  le  Mucius  Scævola  en  question  accorda,
:  Emm  xará  TÒv  xapóvia.  -  '  L  c.  p.  26-27.  -  '  J.  L.  Ussing,  Pergamos,  Copenhague
  1897,  p.  75.  —  n  LXXXI.  —  5  n  LXVI.  —  6  Inschr.  v.  Magnesia  n 05  44
45,  46  et  72.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.