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A. RÆDER
parce que celui-ci voulait lui prendre son pays, proposa de prendre
Brasidas comme arbitre pour mettre fin au désaccord. Perdiccas repoussa
la proposition, bien qu’à cette époque il fut l’allié de Brasidas.
4. APPLICATION DE L’ARBITRAGE DE L’AN 400 à LA BATAILLE DE
CHÉRONÉE EN 338.
Lorsque nous arrivons au IV e siècle la situation est devenue
différente. Pendant la période qui va de 401 à 338, moment où
Philippe de Macédoine prend la direction du monde hellénique,
il est encore vrai dans une certaine mesure qu’une puissance unique,
d’abord Sparte ensuite Thèbes pendant un moment, est prépondérante.
Mais malgré tout on peut cependant parler de nouveau
à cette époque, en tous cas pour des périodes plus longues, d’un
système d’états hellénique avec plusieurs puissances en face les unes
des autres ; il y avait dans une certaine acception une sorte de
système d’équilibre. Les conditions, spécialement pour l’application
de l’arbitrage compromissoire, sont redevenues plus favorables. C’est
cette sorte d’arbitrage qui revient au premier plan tandis que l’arbitrage
obligatoire, celui qui repose sur des traités fixes, passe davantage
au second plan ; ceci peut d’ailleurs être dû au peu de profit
qui en était résulté à l’époque précédente.
L’arbitrage compromissoire n’ayant pas non plus été appliqué
d’une manière particulièrement suivie, ceci peut sans doute provenir,
en tous cas dans une certaine mesure, de ce fait que Sparte fut
pendant longtemps la puissance prépondérante, et cette puissance, se
montre à ce moment, comme précédemment, peu favorablement
disposée à l’application de l’arbitrage, à moins que ce ne soit comme
moyen de maintenir la paix parmi les états qui se trouvaient
sous son hégémonie. Nous ne connaissons en effet pas moins de
trois cas où les Spartiates refusèrent de laisser trancher par l’arbitrage
les différends existant entre eux et un autre état. Dans deux
de ces cas nous voyons Athènes dans le rôle de la puissance qui
cherche à faire établir l’arbitrage.