Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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A.  RÆDER

plus  certaine.  Il  semble  que  ce  sont  les  Béotiens  et  les  Achéens
qui  ont  amené  les  parties  en  désaccord  à  faire  trancher  leurs  dissensions ­
  par  l’arbitrage.
Dans  le  troisième  ou  peut-être  le  second  siècle  se  place  une  décision
arbitrale  à  laquelle  une  ville  de  l’île  Karpathos  1  qui  est  située  entre
la  Crète  et  Rhodes,  à  participé  soit  comme  juge  soit  comme  partie.
L’inscription  par  laquelle  nous  connaissons  cette  affaire  est  en  dialecte ­
  dorien,  ce  qui  indique  que  les  parties  étaient  des  états  doriens,
vraisemblablement  situés  dans  les  parages  indiqués.  Nous  ne  pouvons ­
  pas  en  conclure  davantage,  car  l’inscription  a  été  trouvée  dans
un  état  déplorable.
Au  début  du  II e  siècle  la  ville  d’Ilion  en  Asie  Mineure  avait  un
différend,  probablement  à  propos  de  frontières,  avec  ses  voisines  ".
Les  parties  tombèrent  d’accord  pour  faire  trancher  l’affaire  par  l’arbitrage ­
  ;  Rhodes,  Délos,  Paros,  et  un  quatrième  Etat,  on  ne  sait  lequel,
réunirent  un  tribunal  arbitral  composé  d’hommes  envoyés  en  certain ­
  nombre  par  chaque  Etat.  Ilion  paraît  avoir  eu  le  jugement  en
sa  faveur,  car  c’est  cette  ville  qui  affiche  l’inscription  par  laquelle
nous  connaissons  l’affaire  et  dans  laquelle  les  juges,  et  les  Etats
qui  les  avaient  envoyés,  sont  remerciés  en  termes  chaleureux.
C’est  peu  après  l’an  178  que  se  place  une  décision  arbitrale  rendue
entre  la  ville  de  Mondaia  dans  la  Thessalie  du  nord  et  la  ville
perrhébienne  d’Azore  située  dans  la  même  région 3 .  Le  désaccord
portait  sur  un  règlement  de  frontière.  Trois  hommes  fonctionnèrent
comme  juges  ;  l’un  était  de  Corcyre,  un  autre  de  Dyrrachium  et
le  dernier  d’Apollonie  ;  il  faut  comprendre  qu’il  s’agit  de  la  ville
illyrienne  de  ce  nom  ;  Lysanor  qui  appartenait  à  cette  dernière  ville
exerçait  les  fonctions  de  président  du  tribunal.  Les  juges  visitèrent
les  lieux,  accompagnés  par  des  envoyés  des  deux  parties  ;  résultat
inconnu.  Ce  qu’il  y  a  de  singulier  dans  cette  affaire,  c’est  que  les
deux  parties  étaient  chacune  membre  d’une  ligue,  Azore  de  la  Ligue

1  n°  XIV.  -  *  n°  LXV,  -  s  n°  LIV.
            
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