A. RÆDER
les parties devaient comparaître devant les juges, porteurs d’un en
gagement écrit de leur ville spécifiant qu’elle respecterait le jugement.
Si l’une des parties ne comparaissait pas, elle perdait l’affaire. Nous
ne pouvons pas juger des résultats pratiques du traité. Ce traité ne
fut sans doute pas conclu entre des états vraiment souverains ; il
mérite cependant d’être compris dans notre travail, à cause des
renseignements importants qu’il donne sur la procédure suivie dans
de semblables conventions d’arbitrage.
Un autre témoignage de la fréquence relativement grande avec
laquelle ce genre de traités, établissant un arbitrage permanent,
doivent s’être présentés vraiment de bonne heure dans le monde
grec, est le traité conclu entre la colonie dorienne de Phasélis, en
Lycie et le dynaste carien Mausole, qui gouvernait entre 377 et
353 h La manière dont les différends devaient être tranchés serait
établie chaque fois par une convention entre les parties 2 . Ce traité
doit être une imitation directe de ce qui avait lieu ordinairement
entre Etats grecs ; il a, à cause de cela, son intérêt, bien qu’il ne
puisse pas être pris comme exemple de l’arbitrage entre Etats grecs.
Il nous reste une certaine sorte de traités 3 , ceux qu’on appelait
les symbola et qui étaient généralement conclus entre les Etats hellé
niques pour réglementer la manière de mettre fin aux différends
juridiques pouvant surgir entre leurs citoyens réciproques, comme
suite aux relations commerciales 4 . Dans ces traités on décidait quels
tribunaux seraient utilisés dans cette sorte de procès 5 . C’était en général
un tribunal de la ville où habitait le défendeur, souvent aussi,
l’étranger demandeur pouvait exercer une certaine influence sur la
composition du tribunal. Ces traités étaient très fréquents, et avaient
1 Collitz III, 1, 4259. — 2 Aixaç bo^etv MaúaocoXov <I>aot\XÍTai¡; xm <J>a<JqXÍTCt<;
Mauoocô.Xcot %&&' 6 xa tI>aôqXîrav xa» MaúaocoXoc ópoXoYqaoDVT». — * ZüpßoXov, forme
postérieure fréquente aufißoXq. — * Au sujet de ces bixcù ànt> oupßöXtov ou ànb
oDjaßoXcov consulter M. H. E. Meier, Die Privatschiedsrichter p. 30. Meier-Lipsius,
Die attische Procès, p. 676 et 993 et suiv. H. F. Hitzig, Altgriechische Staats
verträge über Rechtshilfe. 1907. — 5 Hitzig, 1. c. p. 44. Hitzig dans la Zeitschrift
d. SavignyeStiftung 28 b, Rom. Abt. p. 236.